Chroniques du CPE (3) : Avant le Collectif national de l’Unef

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Dernière semaine avant le Collectif national de l’Unef. Il faut donc tester des arguments et des activités afin de connaître les réactions des jeunes. De nouvelles discussions ont donc lieu sur les revendications et les rythmes du mouvement. D’autant que, pour nous, ces deux éléments sont liés : pour élargir la mobilisation à l’ensemble des salariés, construire une grève générale, il faut faire le lien avec les intérêts matériels des salariés, faire en sorte que la construction du mouvement se fasse sur une base plus large que le CPE pour qu’une victoire coïncide avec un affrontement politique avec le gouvernement et l’Etat. En d’autres termes, nous anticipons déjà que le gouvernement devra céder sur le CPE et nous espérons construire un mouvement plus large sur le fond, qui contraigne le gouvernement à la démission, et plus large socialement, qui obtienne des victoires plus importantes pour l’ensemble du monde du travail et lui donne confiance dans ses propres forces.

Notre objectif est de construire une coordination nationale étudiante, qui puisse discuter des revendications et ne soit pas prisonnière des décisions des directions de l’Unef et de la CGT. Nous voulons donc que cette coordination se réunisse le 12 février, et cherchons quelle université sera assez mobilisée pour avoir la légitimité d’appeler à une telle réunion rapidement.

Dans le même temps, nous observons. A Lille, JC, Cé, CGT, Sud, Unef, MJS et Attac sont mobilisés, appellent à manifester le 2 et le 7, font le lien entre le CPE et le CNE et le manque de postes dans l’éducation. A Metz, MJS, Unef, Attac, CGT, FSU et CNT appellent à des AG le 31 et à manifester le 7. A Strasbourg, ce sont l’Unef et le MJS qui bougent. A Clermont, le PC, Attac, le MJS, la JOC, la LCR, l’Unef, le CAL, PRS, appellent à une AG le 31 par un tract unitaire. Chaque information est précieuse, car elle donne une idée du niveau de développement de la mobilisation, de la combativité, des positionnements des différentes organisations et de leurs débats. Photos : http://www.phototheque.org/166.html

La manifestation du 31 janvier dans l’Education nationale connaît un écho limité. Mais les différentes organisations de jeunesse en profitent pour mobiliser leur milieu proche. En témoignent les cortèges de la manifestation. Nous en profitons pour lier des contacts avec des lycées de Victor Hugo, Voltaire, Charlemagne, Ravel. Le soir, une réunion unitaire parisienne a lieu avec le MJS, l’Unef, les JRG (jeunes radicaux de gauche ?), Sud, UEC, JC, CLEPS, PC jeunes. Pour l’Unef, Yann Benayoun s’est opposé à se que le tract parle de l’apprentissage à 14 ans. Le 2 février, de nouvelles manifestations ont lieu, avec 100 000 personnes, pour les salaires et contre les suppressions de postes dans la fonction publique.
Les jours suivants sont consacrés à la préparation du Collectif national de l’Unef. Les désaccords sont importants dans la Tendance Tous ensemble sur le fonctionnement de l’Unef, le rôle de la tendance, la construction du mouvement contre le CPE et… la répartition des postes entre les différentes sensibilités de la tendance. Nous percevons que la direction de l’Unef n’a pas de vision claire de comment construire un mouvement national : pas de coordination nationale, pas de prochaine date de manifestation… Mais, pour nous comme pour elle, les échanges qui auront lieu au collectif national seront utiles car ils permettront de jauger les arguments et uns et des autres, d’intégrer une partie des préoccupations qu’on ne partage pas forcément.

A Jussieu, les diffusions de tracts sont catastrophiques : les étudiants acceptent à peine de nous écouter, ils ne débrayent pas, les comités de mobilisation ne sont pas massifs.