Chroniques du CPE (6) : Un mouvement national

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Jeudi 16 au soir, une nouvelle réunion des organisation de jeunesse réunit CGT jeunes, Unef (Benjamin Vételé, Anne Delbende), MJS (Razzy Hammadi et Antoine Détourné, rappelez vous que le premier était de gauche à l’époque…), Alternatifs, Attac Campus (Maxime Combes), Sud-étudiant-e-s, MJCF (Igor Zamichiei et Cédric), UNL (Karl Stockel et Elsa), UNSA jeunes, JOC (Hugo) et JCR. Nous discutons des rythmes du mouvement : les organisations de salariés ont appelé au 7 mars, mais Rennes appelle au 23 février, et c’est positif car cela rythme le mouvement, lui permet de s’ancrer. Nous tentons de nous mettre d’accord, en région parisienne, sur le fait d’organiser des cortèges unitaires, de ne pas mettre en concurrence les organisations, pour privilégier les cortèges par universités et par lycées. Seul le MJCF gardera son propre cortège, en fin de manifestation, pendant tout le mouvement… Pour l’intervention de Razzy Hammadi, j’ai simplement indiqué « sketche »…
Vendredi 17 février, la section de Jussieu de notre tendance syndicale se réunit. Les interventions dans les amphis sont enfin très positives. Il n’y avait plus de tracts à 8h30 car tout avait déjà été diffusé, ce qui est un signe de très bonne réceptivité des étudiants. Nous discutons de comment « entraîner les gauchistes et les ramollos ».

La coordination nationale de Rennes est une drôle de cirque. Elle est dirigée de A à Y par la direction de l’Unef. Sous son influence, Rennes a décidé des modalités de délégation qui donnent 10 délégués pour les universités « en grève », 5 pour les universités « en lutte » , 2 pour les lycées, 3 pour les jeunes travailleurs réunis en AG de ville. Mais nous découvrons rapidement que cela ne rime à rien : qu’est ce qui différencie une université en grève d’une université en lutte ? A Jussieu, nous ne sommes pas en grève, mais nos délégués ont été désignés par une AG de 350 personnes, et (selon mes souvenirs) nous avons élu 10 personnes car nous voulions représenter les différentes organisations mais aussi des étudiants non organisés, venus d’une dizaine de sites différents et de deux universités différentes… On nous le reproche et nous sommes obligés d’éliminer des délégués alors que certaines universités ont voté la grève à 70 ou 100 et désigné 10 délégués, parfois en AG, parfois en comité de mobilisation, parfois… sans doute des les locaux de l’Unef. Nous entrons très en retard que le Service d’ordre nous empêche de rentrer tant que nous n’avons pas réduit notre délégation. Enervement.
Les délégués d’une trentaine de sites se succèdent pour raconter l’état de la mobilisation dans leur université, mais ne sont pas supposés discuter du fond. C’est laborieux, nous entendons ce que nous savons déjà : la mobilisation reste très inégale, mais elle se renforce et la plupart ne veulent pas attendre le 7 mars pour agir. Je rédige un projet d’appel de l’AG, propose à Anne Delbende d’en discuter à l’extérieur de l’amphi. Nous sortons dans un couloir froid, on est encore au cœur de l’hiver. Elle aussi a rédigé quelque chose, c’est mieux, plus dynamique, mieux expliqué. Le seul défaut est que cela met sur des plans différents le CPE et le reste : « nous réaffirmons notre détermination sans faille à continuer la lutte jusqu'au retrait pur et simple du CPE.
Nous réclamons aussi
- le retrait de la loi sur l’égalité des chances.
- l’abrogation du CNE ».
Nous discutons donc une reformulation :
« Nous réclamons donc :
- Le retrait de la loi sur l’égalité des chances, dont le CPE fait partie (apprentissage à 14 ans, travail de nuit dès 15 ans…)
- Le retrait du CNE
- Un plan pluriannuel de création de postes à la hauteur des besoins dans l’éducation nationale »
Tout semble donc s’arranger pour cette première coordination. Nous constatons hélas un désaccord sur la date et le lieu de la prochaine coordination. Nous proposons qu’elle se réunisse à Toulouse, la ville la plus mobilisée après Rennes, la semaine suivante. La direction de l’Unef souhaite qu’elle se réunisse dans une ville où elle a plus d’influence et seulement deux semaines plus tard. Lors du vote, nous sommes majoritaires et la direction de l’Unef quitte la salle. La direction de l’Unef a dirigé de A à Y, mais elle voulait aussi le Z. Panique : dès la première coordination, le mouvement peut exploser. Nous n’avions pas compris que la direction de l’Unef faisait de cette question un point de rupture, cela nous semblait une question annexe. Nous intervenons donc pour exprimer notre regret que certaines universités quittent la salle et faisons tourner notre cerveau pour trouver une solution, pour réunifier le mouvement. Tout cela n’est pas évident, car la coordination aura lieu dans une ville très radicale, où l’Unef est minoritaire et peu appréciée.

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