Le congrès de réunification (2) Intermède

By Antoine, 29 décembre, 2021

En mars, des étudiants ont eu l’audace de se mobiliser, en plein pendant les grandes manœuvres des syndicalistes… A Montpellier et Metz, des annonces liées à la préparation du plan ECTS (European credit transfer system, précurseur des textes sur le LMD) avait provoqué une grève. Nos camarades étaient très investis dans cette mobilisation, par l’intermédiaire de leur activité dans Unef-ID.

Les étudiants de Metz se sont rendus à Paris pour une manifestation. En arrivant près de la Sorbonne, il leur est venu l’idée de débrayer les cours. Depuis Jussieu, il était facile de venir à leur rencontre. Après avoir passé quelques coups de fils aux militants de la Sorbonne et de Tolbiac, nous nous sommes empressés de rejoindre la Sorbonne. Nous sommes arrivés sur place avant les manifestants, pour garantir leur entrée dans la fac. Mais, entretemps, la police avait prévenu l’administration, et une bataille s’est engagée dans l’entrée de la Sorbonne entre les vigiles et quelques militants. A cette époque, il était possible d’entrer sans présenter sa carte d’étudiant. Nous avons tenté d’empêcher les vigiles de fermer les grandes portes battantes, en se poussant, se tirant, en essayant d’introduire des objets dans l’ouverture de la porte. Olivier de la Sorbonne s’est tellement énervé que j’ai cru qu’il allait blesser quelqu’un. Finalement, nous avons été battus à plate couture (à ce moment-là, on considéraient les vigiles du rectorat, qui officient à la Sorbonne, comme les plus entrainés de Paris, mais cela n’avait aucune mesure avec les vigiles que nous voyons actuellement sur les universités). Pendant ce temps, les étudiants sont entrés par une autre entrée et ont envahi la Sorbonne. Nous nous sommes tous retrouvés enfermés dans celle-ci, tandis que les manifestants partaient intervenir dans les salles de TD… sans succès.

La mobilisation a obtenu me semble-t-il des crédits et s’est éteinte sans entrainer largement dans son sillage contre le plan ECTS. Mais pour nous, cela a représenté deux avantages : nous avons pu essayer de prouver qu’on peut concilier la préparation d’un congrès et la participation à une mobilisation. Et nous avons pu nous appuyer sur cet exemple pour argumenter dans le congrès sur ce qui nous semblait l’essentiel : le système ECTS, dont nous pressentions qu’il constituait une attaque sans précédent contre les étudiants. Celui-ci étant préparé par la gauche, il était improbable qu’il soit remis en cause par la direction de l’Unef-ID, qui dénonçait l’existence de dangers, mais concentrait son tir sur le rapport du commissariat général au plan de 2000. Celui-ci, « jeunesse, un devoir d’avenir » constitue une bonne lecture, y compris aujourd’hui, car il concentre tous les objectifs de la bourgeoisie concernant l’éducation et la jeunesse. Mais il est beaucoup moins concret pour les étudiants que ne l’a été le plan ECTS-LMD.

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