Le congrès de 1998

By Antoine, 29 décembre, 2021

Ce congrès des JCR a structuré mon intervention politique pendant une dizaine d’années. Après les élections législatives, Jospin venait d’être nommé Premier ministre. Une partie importante de la discussion de congrès tournait autour de l’appréciation de la politique du gouvernement. Les emplois jeunes, les 35 heures étaient elles des mesures positives même si elles méritaient des critiques ? Des camarades déclaraient « on souhaite que le gouvernement réussisse ». La seconde partie du débat concernant ce que nous appelions le « profil » de l’organisation : « antilibérale et anticapitaliste » ou « anticapitaliste et révolutionnaire ». La majorité des JCR et de la LCR défendant la première hypothèse et se montrait trop timorée à notre goût concernant le gouvernement. Nous n’hésitions pas, à Argenteuil, à coller les affiches qui restaient de l’époque de la droite avec « dehors ce gouvernement », nous développions la nécessité de construire les mobilisations contre le gouvernement, critiquions la collaboration des directions réformistes, notamment dans les syndicats, avec le gouvernement et déclarions qu’il fallait construire une organisation communiste et révolutionnaire.

C’est par ce biais que les argenteuillais, les « boubouistes », ont rencontrés les militants de la tendance Révolution ! de la LCR dans les JCR. Nous avons commencé à élaborer une orientation, des repères communs, à les écrire, les défendre, à constituer des réseaux militants sur tous le territoire pour défendre notre orientation. Parmi ces militants de R !, il y avait Olivier Besancenot (« Tintin »), Capucine, Gaël, Cédric, Dina, Matthew, Cécile pour Paris (principalement Nanterre et la Sorbonne), et des militants de Metz, Chambéry, Rouen, Rennes (Adrien, Gabriel…), Nice… Au cercle Argenteuil, la discussion a tourné court pour la pauvre Laurence, venue tenter d’expliquer que nous faisions partie de la gauche, que les emplois jeunes étaient une bonne chose car c’était une importante création d’emplois dans la jeunesse, et qu’il ne fallait pas construire une organisation révolutionnaire. Les arguments sur les emplois jeunes nous ont probablement beaucoup aidés. A ce congrès, comme au suivant, nous avons tout juste eu 48% des voix, juste assez… pour être minoritaires.

Le 27 février, j’assistais à ma première réunion « autour de la plate-forme 2 », avec Olivier Besancenot et Alice, Cédric, Flavia, Boubou, Gaël, Matthew, etc. Nous avons discuté du contenu de la plate-forme, des amendements à réaliser sur les textes, des textes à écrire pour les bulletins de discussion, de l’élection de la future DN. En particulier, nous discutons des bases minimum pour intégrer l’organisation (« pas l’intégralité du programme révolutionnaire », mais quels critères ?), des 35 heures et des 32 heures, de l’interdiction des licenciements (que, d’après Olivier, la majo refuse d’intégrer comme revendication).

L’autre tendance, liée à la majorité de la LCR, était en réalité déjà plus faible que nous, en particulier sur Paris. Ils ont gagné le congrès par une plus grande habitude, une plus grande discipline, des pratiques de ce genre de bataille dans les JCR et dans le syndicalisme étudiant que nous n’avions pas (ou pas encore…). Nous nous sommes retrouvés à devoir en grande partie dirigée une organisation dans laquelle nous étions minoritaires. Alice racontait que les réunions du Bureau national duraient du 19h jusqu’au dernier métro, pour arriver à se mettre d’accord au sein de la direction, paritaire entre les deux tendances.

Au Bureau de ville, Cédric, Sébastien et moi découvrions des débats sur la nécessité ou non d’organiser des formations sur la révolution russe, d’organiser le travail lycéen, etc. Petit à petit, nous avons pris la direction de la région parisienne, où je me suis retrouvé au Bureau de ville avec Juliette, Julien, Vanessa, Jean-Robin, Violette et quelques autres.

Je découvris aussi, en venant pour les premières fois à Rotographie, l’imprimerie qui héberge le local national de la LCR et des JCR, les militants de la direction de la LCR, les débats qui existaient à l’intérieur. J’ai vendu à cette époque mon seul numéro de Convergences révolutionnaires, la revue éditée par la tendance Révolution ! et la Fraction de Lutte ouvrière.

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