CPE

Chroniques du CPE (8) : Le blocage

5h du matin. Nous sommes quelques uns à nous rendre à l’université si tôt. A cet horaire, il faut faire le mur pour entrer. Rue Cuvier, il y a un parcmètre sur lequel on peut monter en posant un pied sur le bas du mur. Une fois sur le parcmètre, on pouvait passer par dessus le mur d’enceinte et entrer près du bâtiment F. A l’époque, il n’y avait pas de grille au-dessus du mur. On marche en silence le long de l’ancien bâtiment T, où se trouvaient autrefois les locaux des organisations étudiantes de Paris 6, puis on entre dans les sous-sols.

Chroniques du CPE (7) : Problèmes d’orientation

Dimanche 19 février, la direction nationale des JCR se réunit. Nous sommes 27. Mes notes sont parfois étonnantes :
1. « Notre politique : unité, auto-organisation ; rythmes : grève + élargissement ; mots d’ordre ».
2. « Construction concrète du mouvement : explication ; bloquer partout jeudi ».
3. « Les gauchistes : ils doivent nous suivre et se taire ».
4. « Les gens ont plein d’idée, mais des fois c’est n’importe quoi ! ».
5. « Cette fois on est tous ensemble ».
6. « gauchistes | nous | réformistes ».

Chroniques du CPE (6) : Un mouvement national

Jeudi 16 au soir, une nouvelle réunion des organisation de jeunesse réunit CGT jeunes, Unef (Benjamin Vételé, Anne Delbende), MJS (Razzy Hammadi et Antoine Détourné, rappelez vous que le premier était de gauche à l’époque…), Alternatifs, Attac Campus (Maxime Combes), Sud-étudiant-e-s, MJCF (Igor Zamichiei et Cédric), UNL (Karl Stockel et Elsa), UNSA jeunes, JOC (Hugo) et JCR. Nous discutons des rythmes du mouvement : les organisations de salariés ont appelé au 7 mars, mais Rennes appelle au 23 février, et c’est positif car cela rythme le mouvement, lui permet de s’ancrer.

Chroniques du CPE (5) : Un mouvement existe… ailleurs

Dans la nuit du 8 au 9 février, malgré les 400 000 manifestants du 7 février, le gouvernement a voté le CPE en utilisant l’article 49-3, qui lui a permis d’éviter de voter les centaines d’amendements proposés par le PS. Après que Laurence Parisot, la présidente du Medef, ait déclaré que « la jeunesse est une maladie dont on guérit », c’est une nouvelle provocation. Tout le mouvement ouvrier s’insurge contre cette méthode antidémocratique… même le PS qui aujourd’hui pense à l’utiliser pour la loi El Khomri.

Chroniques du CPE (4) : C’est parti

Le collectif national de l’Unef révèle une contradiction. Le texte proposé par la direction, la « Majorité nationale », appelle à construire le mouvement, donne des arguments. Il montre ainsi un aspect réel et indispensable du mouvement : l’unité des organisations de jeunesse pour le retrait du CPE, qui a été un outil fondamental pour exercer une pression sur les syndicats de salariés et obtenir un mouvement qui dépasse la jeunesse. Cela a été capital pour gagner : il est à peu près certain que la jeunesse seule aurait eu bien plus de difficultés à obtenir une victoire.

Chroniques du CPE (2) : Du 19 au 27 janvier, la préparation

Le 19 janvier, de nombreuses organisations se réunissent. Unef, Sud-étudiant-e-s, Attac Campus, JCR, MJC, UEC, JC, MJS, UNL, Fédération Léo Lagrange, UNSA, JOC se mettent d’accord sur un appel unitaire à refuser le CPE, un appel à manifester le 7 février et une conférence de presse. Drôle d’ambiance : Razzy Hammadi, qui à l’époque était de gauche et nouvellement élu président du MJS, nous a offert un show impressionnant. Un blog, stopcpe.net, est déjà prêt, il souhaite « faire signer l’appel par des organisations de quartiers ».

Chroniques du CPE (1) - Mercredi 18 janvier

Mon cahier commence la 18 janvier. Tout juste 26 ans. L’Assemblée générale des JCR rassemble 42 militantEs. Huit de Jussieu, sept de Nanterre, et un ou deux militantEs d’autres cercles. La discussion est éclectique, et l’est d’autant plus a posteriori, après cette mobilisation dont on ne se souvient que trois lettres. L’introduction parle d’attaques sans précédent de la part du gouvernement, entre CPE, éducation, répression, politique anti-immigrés, Staps, Iufm et… collectifs antilibéraux. Tout cela sur le même plan, sans hiérarchie.