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		<title>Porte Alice</title>
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		<dc:creator>Antoine</dc:creator>



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&lt;a href="https://antoine48.eu/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Tableaux&lt;/a&gt;


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		<title>Starwars &#224; Gaza</title>
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		<dc:creator>Antoine</dc:creator>



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&lt;a href="https://antoine48.eu/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;Dessin de presse&lt;/a&gt;


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		<title>Le livre de la jungle</title>
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		<dc:date>2015-10-26T17:46:28Z</dc:date>
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		<dc:creator>Antoine</dc:creator>



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&lt;a href="https://antoine48.eu/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;Fresques&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;dl class='spip_document_172 spip_documents'&gt; &lt;dt&gt;&lt;img src='https://antoine48.eu/local/cache-vignettes/L500xH325/fresque_livre_jungle-d1e66.jpg?1773485991' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/dt&gt; &lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Situation en France et orientation</title>
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		<dc:date>2012-10-28T21:47:40Z</dc:date>
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		<dc:creator>Antoine</dc:creator>



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&lt;p&gt;I. L'Etat fran&#231;ais et la gauche face &#224; la crise &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Les besoins de la bourgeoisie fran&#231;aise &lt;br class='autobr' /&gt; La France occupe une place particuli&#232;re dans les relations entre les grandes puissances. Son influence sur les pays domin&#233;s et le rapport de forces plus favorables au mouvement ouvrier ont retard&#233; la bourgeoisie par rapport aux autres puissances europ&#233;ennes et mondiales. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour rattraper son retard, elle avance sur deux axes, qui prennent corps dans &#171; l'agenda 2014 &#187;. Premi&#232;rement, une casse de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://antoine48.eu/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;NPA&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
I. L'Etat fran&#231;ais et la gauche face &#224; la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Les besoins de la bourgeoisie fran&#231;aise&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France occupe une place particuli&#232;re dans les relations entre les grandes puissances. Son influence sur les pays domin&#233;s et le rapport de forces plus favorables au mouvement ouvrier ont retard&#233; la bourgeoisie par rapport aux autres puissances europ&#233;ennes et mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rattraper son retard, elle avance sur deux axes, qui prennent corps dans &#171; l'agenda 2014 &#187;. Premi&#232;rement, une casse de ce qui reste de l'Etat social, ce qui implique des augmentations d'imp&#244;ts sur les pauvres, la poursuite de la casse des services publics, leur transfert aux collectivit&#233;s locales, des budgets de rigueurs incomparables avec ce qui s'est fait jusqu'ici (Ayrault est suppos&#233; trouver au moins 32 milliards d'euros en 2013&#8230;). L'adoption du TSCG et de la r&#232;gle d'or est un outil &#224; la fois id&#233;ologique et l&#233;gislatif pour acc&#233;l&#233;rer cette premi&#232;re option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me axe est une r&#233;duction drastique du co&#251;t du travail, pour rattraper ce qui s'est fait dans de nombreux pays, en particulier les Etats-Unis, l'Allemagne, la Gr&#232;ce ou l'Espagne, avec des r&#233;ductions de salaires et du pouvoir d'achat de 20, 30 ou 40% et la constitution d'une arm&#233;e de r&#233;serve, le ch&#244;mage, afin d'accroitre la pression sur les salari&#233;s. Les plans de licenciements, les accords comp&#233;titivit&#233;-emploi, les contrats jeunes sont les outils de cette offensive. En particulier, la question des licenciements et des suppressions d'emplois, que l'on peut chiffrer &#224; un demi-million, sont une option &#224; la fois &#233;conomique et politique, puisqu'elle permette de casser des bastions militants et de d&#233;placer le rapport de forces en faveur du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Le sens de l'arriv&#233;e au pouvoir de Hollande&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La social-d&#233;mocratie repr&#233;sente une soupape pour la classe dominante, son arriv&#233;e au pouvoir r&#233;pond &#224; l'usure de Sarkozy. Il s'agit de mettre un nouveau coup d'acc&#233;l&#233;rateur aux attaques antisociales, en s'appuyant sur les illusions dans la gauche et en int&#233;grant les directions bureaucratiques du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a connu plusieurs succ&#232;s de ce point de vue :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'adoption du TSCG s'est faite avec une r&#233;sistance contenue malgr&#233; la manifestation du 30 septembre, avec la prise de position tardive d'Europe Ecologie Les Verts, la discr&#233;tion des organisations syndicales.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le congr&#232;s du PS montre la solidit&#233; de la direction du PS, sa capacit&#233; &#224; discipliner son parti, y compris la frange qui s'est oppos&#233;e au TSCG.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le Front de gauche maintient, malgr&#233; la pression exerc&#233;e par sa base, une faible hostilit&#233; et, que ce soit en tant que courant politique ou par ses relais dans les syndicats, freine les mobilisations contre le gouvernement. L'int&#233;gration d'une partie des anticapitalistes, notamment avec le d&#233;part de la GA, au Front de gauche, repr&#233;sente un affaiblissement des courants ind&#233;pendants du gouvernement.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le gouvernement parvient &#224; contenir les mobilisations contre les licenciements, profitant de la politique des directions syndicales et de la logique du &#171; dialogue social &#187;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Il a repris &#224; son compte, par le biais de Valls, une politique ultra r&#233;actionnaire, sans r&#233;actions de masse.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Mais le gouvernement accumule aussi des faiblesses, dues &#224; la puissance de la crise &#233;conomique, visibles notamment par la baisse rapide de Hollande dans les sondages, plus rapide que celle de Sarkozy il y a cinq ans. Ces faiblesses sont le produit du manque de confiance de la bourgeoisie dans le PS pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts de mani&#232;re aussi efficace que la droite, mais aussi d'une prise de conscience lente mais r&#233;elle du c&#244;t&#233; des travailleurs. Des mobilisations se d&#233;veloppent, contre les licenciements ou dans l'&#233;ducation notamment, qui gardent des illusions mais sont un acc&#233;l&#233;rateur de la prise de conscience que &#171; ce gouvernement n'est pas le n&#244;tre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les man&#339;uvres de la droite et de l'extr&#234;me droite&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fraction de la bourgeoisie tente de d&#233;tourner le m&#233;contentement contre les immigr&#233;s, les musulmans, les Roms, elle se pr&#233;pare &#224; une politique plus raciste, plus r&#233;pressive, plus r&#233;actionnaire, elle tente aussi de d&#233;velopper une Union sacr&#233;e autour de soi-disant int&#233;r&#234;ts communs en France contre les pays concurrents. Valls surfe sur cette logique. C'est aussi le sens de la politique de Cop&#233; au sein de l'UMP, qui cherche &#224; concurrencer le Front national sur ce terrain, pr&#233;parant de fait des rapprochements dans les institutions, par exemple les prochaines &#233;lections municipales puis r&#233;gionales, et sur le terrain militant avec l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affrontements de notre camp social avec l'extr&#234;me droite, y compris physiquement, sont in&#233;vitables &#224; moyen terme. Notre objectif doit &#234;tre de pr&#233;parer cette confrontation dans de larges cadres de front unique combinant action militantes et batailles id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. L'&#233;mergence du Front de gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Front de gauche s'appuie sur plusieurs dynamiques, qui ont permis une dynamique militante et &#233;lectorale significative. Premi&#232;rement, le glissement &#224; droite de la social-d&#233;mocratie a produit des ruptures en son sein, avec la constitution du Parti de Gauche. Deuxi&#232;mement, les d&#233;faites sociales et la d&#233;moralisation qui s'en est suivie (en particulier apr&#232;s le mouvement sur les retraites de 2010) ont conduit une s&#233;rie de militants, en particulier dans les organisations syndicales, &#224; se tourner vers des solutions plus institutionnelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette dynamique est visible &#224; l'&#233;chelle de l'ensemble de l'Europe o&#249; l'ampleur de la crise et des attaques, ainsi que l'implication de la social-d&#233;mocratie dans celles-ci, conduisent les travailleurs &#224; chercher une alternative au social-lib&#233;ralisme sans &#234;tre pr&#234;tes &#224; une confrontation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le Front de gauche est tiraill&#233; entre une base dont une partie est combative, notamment autour du PG ou des assembl&#233;es citoyennes, et une direction antid&#233;mocratique et int&#233;gr&#233;e au capitalisme fran&#231;ais, comme en t&#233;moignent les discours de M&#233;lenchon sur la place de la France et son industrie, les liens entre les &#233;lus du PCF et le PS, la place dans les bureaucraties syndicales. Cette direction s'appuie sur la puissance de l'appareil du PCF pour construire et maitriser le processus de construction du FdG.&lt;br class='autobr' /&gt;
La politique du Front de gauche est donc condamn&#233;e &#224; balancer entre une certaine radicalit&#233; pour satisfaire ses militants combatifs et des liens avec les institutions et le PS qui le conduisent &#224; refuser d'&#234;tre en opposition au gouvernement et &#224; voter une partie de ses mesures antisociales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#244;le politique du Front de gauche est de discipliner la radicalit&#233;, la combativit&#233; de larges couches de la population pour la faire basculer dans un giron institutionnel, &#224; d&#233;tourner la r&#233;volte contre le gouvernement et le syst&#232;me vers une neutralit&#233; vis-&#224;-vis du gouvernement et une acceptation du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
II. Les enjeux pour le mouvement ouvrier et les anticapitalistes et r&#233;volutionnaires
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;cantations auront lieu dans la prochaine p&#233;riode, au sein du mouvement ouvrier, entre ceux qui accompagneront l'offensive de la bourgeoisie et du gouvernement et ceux qui tenteront de construire des luttes ind&#233;pendantes puis oppos&#233;es au gouvernement. Il s'agit de reconstituer une ind&#233;pendance politique du monde du travail, ce que nous avons appel&#233; une &#171; opposition de gauche au gouvernement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par notre intervention dans les mobilisations et dans les organisations syndicales ou les associations, dans ou vis-&#224;-vis des institutions locales, nous contribuerons &#224; faire la d&#233;monstration que les int&#233;r&#234;ts des travailleurs et des classes populaires sont contradictoires avec les objectifs du gouvernement. Dans une premi&#232;re &#233;tape, il s'agit de montrer que &#171; ce gouvernement n'est pas le n&#244;tre &#187;, pour aller vers une opposition nette &#224; ce gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nos objectifs, en tant que parti anticapitaliste et r&#233;volutionnaire, nous conduisent aussi au-del&#224; de la seule construction d'une opposition au patronat et au gouvernement. Notre objectif reste le renversement du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Prendre des initiatives pour construire les mobilisations, disputer la direction aux bureaucraties&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;tape actuelle, il s'agit de partir des &#233;l&#233;ments les plus concrets et l'actualit&#233; pour construire, en particulier dans les syndicats, des mobilisations : les conditions de travail, les licenciements, les postes, les budgets, la r&#233;pression, etc. Notre r&#244;le est de prendre des initiatives concr&#232;tes pour les d&#233;velopper : convaincre face &#224; l'attentisme, d&#233;fendre la n&#233;cessit&#233; de dates de mobilisations, de journ&#233;es de gr&#232;ves, en s'appuyant sur les &#233;ch&#233;ances qui existent, mais aussi en tentant de faire d&#233;border du cadre fix&#233; par les directions r&#233;formistes. Ainsi, contre le TSCG, notre r&#244;le &#233;tait de contribuer &#224; construire des collectifs en s'appuyant sur le 30 septembre, mais aussi de proposer de nouvelles &#233;ch&#233;ances et, contre les licenciements, de s'appuyer sur le 29 septembre et le 9 octobre pour construire de grandes mobilisations unitaires, mais aussi de proposer de nouvelles dates de gr&#232;ve et de manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre intervention vise &#224; armer les travailleurs et les jeunes pour qu'ils prennent leurs affaires en main, s'organisent, agissent collectivement pour faire valoir leurs droits, interviennent politiquement du point de vue de la d&#233;fense de leurs propres int&#233;r&#234;ts. Il s'agit donc de construire des cadres d'auto-organisation, des coordinations entre les diff&#233;rents secteurs g&#233;ographiques ou professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela passe aussi par des revendications permettant d'unifier et de politiser les mobilisations. Contre les licenciements par exemple, nous faisons tout pour que, dans le respect de l'auto-organisation et des rythmes de mobilisations locaux, la lutte s'organise de mani&#232;re unifi&#233;e et non boite par boite, contre les licenciements dans leur globalit&#233; plut&#244;t que de n&#233;gocier des primes plus favorables. Dans la fonction publique, nous essayons de construire une mobilisation unifi&#233;e contre les suppressions de postes plut&#244;t que secteur par secteur, ou d&#233;partement par d&#233;partement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nous savons aussi que la crise est globale et que ce gouvernement est donc un gouvernement de combat contre les salari&#233;s, nous d&#233;fendons aussi la g&#233;n&#233;ralisation des luttes, la n&#233;cessit&#233; d'un grand tous ensemble, de ne pas se contenter de journ&#233;es d'action secteur par secteur, d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le faire reculer et imposer nos droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Deux axes incontournables pour construire des luttes de masse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux axes d'attaques fondamentaux de la classe dominante sont l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire et l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire est un plan global pour transf&#233;rer des richesses des poches de la population vers celles des actionnaires et des banques. Le vote du budget et la d&#233;gradation des conditions de travail dans les services publics sont les &#233;l&#233;ments contre lesquels nous pouvons construire des mobilisations avec des revendications imm&#233;diates : l'arr&#234;t des suppressions de postes, un budget &#224; la hauteur des besoins, la r&#233;vocation du TSCG et de la r&#232;gle d'or budg&#233;taire.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'inverse de cette logique, nous mettons en avant l'annulation de la dette, la r&#233;quisition et la fusion des banques sous contr&#244;le des salari&#233;s et de la population, la cr&#233;ation d'un million de postes dans la fonction publique, une fiscalit&#233; anticapitaliste avec la suppression de la TVA, un imp&#244;t fortement progressif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front de l'emploi, face aux licenciements et suppressions de postes, face aux suppressions de postes dans la fonction publique, il faut une mobilisation commune de toutes les boites pour l'interdiction des licenciements, imposer la r&#233;quisition des entreprises qui licencient, la r&#233;cup&#233;ration des subventions publiques qui leur ont &#233;t&#233; vers&#233;es, une r&#233;duction du temps de travail sans pertes de salaire pour partager le travail entre toutes et tous, l'arr&#234;t des mesures de d&#233;r&#233;glementation du droit du travail, notamment les exon&#233;rations de cotisations sociales aux entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Des axes d'intervention contre la r&#233;action&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offensive de la classe dominante ne se limite pas &#224; l'aust&#233;rit&#233; et au rapport direct capital-travail. Elle passe aussi par des attaques r&#233;actionnaires pour diviser notre camp social et imposer une vision du monde o&#249; la soumission est la r&#232;gle. Celles-ci sont relay&#233;es de la mani&#232;re la plus forte par l'extr&#234;me droite, le FN, un courant comme la droite populaire. Aujourd'hui sont en ligne de mire les Roms, les sans-papiers, le mariage homosexuel, le droit &#224; l'avortement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte pour l'&#233;galit&#233; sur les th&#232;mes de l'immigration et la lutte contre le racisme, l'oppression des femmes, les normes et l'homophobie sont un combat auquel nous devons participer avec l'objectif de lier entre eux ces th&#232;mes. Il s'agit de lier la d&#233;fense de revendications et de l'&#233;galit&#233; avec la bataille pour l'unit&#233; de notre camp social face &#224; la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons l'&#233;galit&#233; des droits entre toutes et tous, la dissolution des BAC et des polices municipales, la r&#233;gularisation de tous les sans-papiers, le droit au mariage homosexuel, de l'argent dans les h&#244;pitaux pour garantir pour la contraception et le droit &#224; l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la bataille contre le productivisme et le mirage du &#171; capitalisme vert &#187; doit continuer, dans une p&#233;riode o&#249; la classe dominante cherche tous les outils pour d&#233;velopper ses profits. Sur le nucl&#233;aire, sur l'a&#233;roport de Notre Dame des Landes, le gouvernement PS et les Verts montrent quel camp ils ont choisi. A nous de montrer que l'&#233;cologie la plus combative est anticapitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous mettons en avant nos revendications habituelles pour la sortie du nucl&#233;aire en dix ans, pour la r&#233;quisition et la mise sous contr&#244;le des salari&#233;s des entreprises de l'&#233;nergie, pour une planification &#233;cologique dans le cadre d'une coop&#233;ration internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Construire une opposition de gauche au gouvernement et au patronat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction d'une opposition de gauche au gouvernement et au patronat ne se fera pas par des proclamations o&#249; des d&#233;nonciations. Nous devons r&#233;ussir &#224; faire la d&#233;monstration pratique que les revendications sociales (emploi, salaires, services publics&#8230;) et politiques (aust&#233;rit&#233;, r&#233;pression&#8230;) des classes populaires et de la jeunesse sont contradictoires avec la politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous interpellons et d&#233;battons avec l'ensemble des courants du mouvement ouvrier pour construire un front commun contre le gouvernement et le patronat, pour mettre un coup d'arr&#234;t &#224; l'offensive lib&#233;rale. Lorsqu'on nous interroge sur ce que nous pensons du gouvernement Hollande, nous r&#233;pondons qu'il faut s'opposer &#224; ses mesures, dont nous expliquons qu'elles sont la poursuite de ce qu'a fait le gouvernement pr&#233;c&#233;dent, nous appelons &#224; la construction d'une opposition de gauche &#224; ce gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
De notre c&#244;t&#233;, nous ne pourrions soutenir ou participer &#224; un gouvernement que s'il d&#233;cidait de rompre avec la politique d&#233;finie par le pacte budg&#233;taire, avec l'aust&#233;rit&#233;, s'il refusait de payer la dette, interdisait les licenciements et cr&#233;ait des centaines de milliers d'emplois, s'il s'engageait dans le soutien aux mobilisations de monde du travail en France comme en Europe. Un tel gouvernement serait le produit de luttes de masse du monde du travail et de la jeunesse, il en serait l'expression politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Un programme de rupture face &#224; la crise du capitalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la crise du capitalisme, nous ne pouvons nous contenter de r&#233;ponses conjoncturelles et de revendications imm&#233;diates. En effet, si les capitalistes acc&#233;l&#232;rent la crise, la rendent si rapidement insupportable (ce qui explique la si rapide usure du gouvernement Hollande-Ayrault), il n'existe pas de palliatif &#224; poser le probl&#232;me r&#233;el : poser le probl&#232;me de l'organisation internationale du travail, de la logique du profit, du pouvoir des banques, de la propri&#233;t&#233; des grands moyens de production, du lien ind&#233;fectible entre l'Etat et la bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cela, la soci&#233;t&#233; doit &#234;tre dirig&#233;e par ceux qui produisent les richesses, par une organisation d&#233;mocratique des travailleurs s'appuyant sur des mobilisations qui leur permette d'exercer leur contr&#244;le sur tout la marche de la soci&#233;t&#233;, sur les priorit&#233;s &#233;conomiques, &#233;cologiques, sociales, etc. Un bouleversement qui ne pourra reste enferm&#233; dans le cadre des fronti&#232;res nationales, devra s'&#233;tendre &#224; tout l'Europe, en coop&#233;ration avec les peuples opprim&#233;s de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans nos interventions, nous mettons donc en avant des revendications attaquant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et la rupture avec l'Etat capitaliste, nous encourageons tout ce qui va dans le sens de l'auto-organisation, de la prise en main de leurs affaires par les premiers concern&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les dangers professionnels du pouvoir</title>
		<link>https://antoine48.eu/spip.php?article89</link>
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		<dc:date>2010-04-20T08:22:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine</dc:creator>



		<description>

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&lt;a href="https://antoine48.eu/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;Livres d&#233;cisifs&lt;/a&gt;


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		<title>Un parti de classe</title>
		<link>https://antoine48.eu/spip.php?article88</link>
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		<dc:date>2010-04-10T17:48:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Marx &#233;crit que &#171; l'histoire de toute soci&#233;t&#233; jusqu'&#224; nos jours n'a &#233;t&#233; que l'histoire des luttes de classes &#187;. Cela signifie que les &#233;volutions historiques se font sous le coup de la lutte des classes. L'enjeu pour nous &#233;tant changer le monde, de construire une soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e de l'exploitation et des oppressions, il doit donc partir du fait que la soci&#233;t&#233; ne peut changer qu'en r&#233;solvant les contradictions de classes, en faisant &#233;voluer la situation sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat est la classe qui peut changer la soci&#233;t&#233; dans le sens que nous souhaitons. En effet, ce sont ceux qui ne poss&#232;dent rien et sont violemment oppos&#233;s &#224; la bourgeoisie dans les rapports sociaux quotidiens. Ils sont donc les mieux plac&#233;s pour d'une part abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et d'autre part, dans la dynamique de leur lutte, s'&#233;manciper des pr&#233;jug&#233;s et oppressions (toutes les classes qui ont cherch&#233; &#224; d&#233;loger du pouvoir les classes r&#233;trogrades, conservatrices, ont d'ailleurs suivi cette d&#233;marche).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://antoine48.eu/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;Mettre &#224; jour les le&#231;ons de l'histoire sur le parti&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Pourquoi ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Marx &#233;crit que &#171; l'histoire de toute soci&#233;t&#233; jusqu'&#224; nos jours n'a &#233;t&#233; que l'histoire des luttes de classes &#187;. Cela signifie que les &#233;volutions historiques se font sous le coup de la lutte des classes. L'enjeu pour nous &#233;tant changer le monde, de construire une soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e de l'exploitation et des oppressions, il doit donc partir du fait que la soci&#233;t&#233; ne peut changer qu'en r&#233;solvant les contradictions de classes, en faisant &#233;voluer la situation sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat est la classe qui peut changer la soci&#233;t&#233; dans le sens que nous souhaitons. En effet, ce sont ceux qui ne poss&#232;dent rien et sont violemment oppos&#233;s &#224; la bourgeoisie dans les rapports sociaux quotidiens. Ils sont donc les mieux plac&#233;s pour d'une part abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et d'autre part, dans la dynamique de leur lutte, s'&#233;manciper des pr&#233;jug&#233;s et oppressions (toutes les classes qui ont cherch&#233; &#224; d&#233;loger du pouvoir les classes r&#233;trogrades, conservatrices, ont d'ailleurs suivi cette d&#233;marche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti que nous voulons construire est donc avant tout un parti qui a pour objet d'organiser le prol&#233;tariat. Il s'agit d'un parti qui d&#233;fend a pour objectif de d&#233;fendre jusqu'au bout les int&#233;r&#234;t de cette classe. Cela dit, cela n'emp&#234;che pas d'organiser d'autres secteurs de la population. La r&#233;volution est d'ailleurs &#171; une crise nationale &#187;, une crise de tous les rapports sociaux, une crise de domination de la bourgeoisie sur toutes les autres classes. C'est encore &#171; le festival des opprim&#233;s &#187;. Enfin, le parti parle de toutes les questions politiques, il n'attend pas un hypoth&#233;tique moment propice o&#249; les confrontations de classes seraient &#233;videntes pour d&#233;fendre le point de vue du prol&#233;tariat, il n'est pas sourd non plus aux pr&#233;occupations des autres classes. Il indique le point de vue du prol&#233;tariat sur toutes les questions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Quels moyens ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour constituer un rapport de forces suffisant pour renverser la bourgeoisie et mettre en &#339;uvre un changement des rapports sociaux, un mouvement de masse est n&#233;cessaire. Nous travaillons &#224; l'unit&#233; de la classe, ou au moins d'une grande part de celle-ci. De plus, notre projet est li&#233; &#224; un d&#233;veloppement de l'&#233;mancipation, &#224; une &#233;volution des consciences. Celles-ci se nourrissent d'interactions entre les individus et entre des groupes. Enfin, le prol&#233;tariat n'est pas homog&#232;ne, tant politiquement que socialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie (prol&#233;tarienne&#8230;) a le double int&#233;r&#234;t de permettre d'unifier par la confrontation positive des points de vue et de participer &#224; l'&#233;mancipation. Le cadre qui permet de construire l'unit&#233; de la classe, en ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des autres classes, et un fonctionnement d&#233;mocratique est celui des soviets, des comit&#233;s de lutte, dans les entreprises et les quartiers ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres cadres existent qui construisent l'unit&#233; de la classe ouvri&#232;re et contribuent &#224; son &#233;mancipation. En particulier, il y a les syndicats, les &#171; embryons de pouvoir prol&#233;tarien &#187; de Trotsky. Mais il ne faut pas oublier que, dans tous les pays et de toutes les &#233;poques, les syndicats ne regroupent qu'une parti de la classe, parfois la plus consciente, souvent ses couches sup&#233;rieures : les fonctionnaires, l'aristocratie ouvri&#232;re, les salari&#233;s des grandes entreprises o&#249; la main-d'&#339;uvre est fortement encadr&#233;e, ceux qui ont des contrats stables. Pour les autres, se syndiquer revient &#224; &#234;tre licenci&#233; dans les semaines qui suivent. Dans un lettre dat&#233;e du 28 octobre 1885, Engels &#233;crit d'ailleurs &#224; Bebel : &lt;i&gt;&#171; vous croyez peut-&#234;tre que n'importe quel ouvrier de la profession peut adh&#233;rer sans fa&#231;on aux syndicat de m&#233;caniciens, de charpentiers, de ma&#231;ons, etc. ? Absolument pas. Pour pouvoir adh&#233;rer, il faut avoir &#233;t&#233; attach&#233; comme apprenti pendant un certain nombre d'ann&#233;es (le plus souvent sept) &#224; quelqu'un qui appartient au syndicat. [&#8230;] Il y a eu depuis un essor inou&#239; de l'industrie, qui a produit une classe d'ouvriers aussi actifs, sinon plus, que les ouvriers &#171; qualifi&#233;s &#187;, mais ne peuvent faire partie des syndicats. // Les ouvriers &#171; qualifi&#233;s &#187; se d&#233;veloppent litt&#233;ralement en vase clos, gr&#226;ce aux r&#232;glements corporatifs des syndicats. Tu t'imagines sans doute que ces syndicats pensent qu'il faut abolir toutes ces stupidit&#233;s ? Pas le moins du monde. Je n'ai pas souvenir d'avoir jamais lu la moindre proposition en ce sens &#224; un quelconque congr&#232;s syndical. &#187;&lt;/i&gt; Une action directe du parti en vue d'unifier les travailleurs est donc n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
O&#249; en sommes-nous ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le prol&#233;tariat aujourd'hui ? Daniel Bensa&#239;d disait souvent que personne n'aurait l'id&#233;e de nier l'existence de la bourgeoisie, mais par contre, que certains nient l'existence de la classe ouvri&#232;re, ce qui est tout de m&#234;me curieux, parce qu'on n'imagine mal l'existence de l'une sans l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour savoir ce qu'est le prol&#233;tariat, la classe ouvri&#232;re, on peut passer par les d&#233;finitions : &#171; ceux qui n'ont que leur force de travail &#224; vendre &#187;, &#171; ceux qui ne poss&#232;dent pas leur outil de travail &#187;, &#171; ceux qui sont d&#233;poss&#233;d&#233;s du fruit de leur travail &#187;, ceux qui cr&#233;ent de la valeur. Mais s'il faut sans doute m&#233;langer ces crit&#232;res, on peut sans doute en ajouter d'autres : ceux qui ont un travail r&#233;p&#233;titif, qu'une vision parcellaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons &#224; cela une dimension sociologique : depuis les ann&#233;es soixante-dix, les ouvriers repr&#233;sentent 28% de la population active (46% en 1876, 34,4% en 36). Les employ&#233;s 28%. Dans le monde, de 75 &#224; 95, les travailleurs d'industrie sont pass&#233;s de 10% &#224; 30% de la population active.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'existence de la classe ouvri&#232;re n'est pas une question essentiellement sociologique. C'est surtout un probl&#232;me de mouvement, de rapports r&#233;ciproques entre les classes. En effet, au niveau &#233;conomique, certaines couches sont plus proches de la petite-bourgeoisie, par exemple les enseignants, certains employ&#233;s, notamment ceux qui ont une grande libert&#233; dans leur travail, une partie des cadres, mais peuvent se rapprocher de la classe ouvri&#232;re dans certaines circonstances : licenciements, mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, les p&#233;riodes dans lesquelles la classe ouvri&#232;re semble la plus massive sont essentiellement celles dans lesquelles elle s'&#233;largit le plus &#224; des couches interm&#233;diaires. Le meilleur exemple est la Commune de Paris, pendant laquelle une grande partie de la petite bourgeoisie, artisans et commer&#231;ants, s'identifie &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, la plus grande confusion r&#232;gne, la conscience de classe &#233;tant tr&#232;s &#233;clat&#233;e, par le manque d'exp&#233;rience commune. La conscience d'appartenir &#224; un m&#234;me camp social est tr&#232;s r&#233;duite. Les repr&#233;sentations du prol&#233;tariat, qu'elles soient politiques, associatives, culturelles, sont tr&#232;s limit&#233;es. Cette confusion a permis l'&#233;mergence de th&#233;orie comme celles de Negri, la &#171; multitude &#187; rempla&#231;ant les classes. C'est dans le m&#234;me logique que se construisent des courants comme Europe &#233;cologie, ou que certains r&#233;duisent l'importance des clivages de classes au profit de simples clivages id&#233;ologiques ou politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations ont permis d'aller &#224; l'encontre de cette tendance : mobilisations contre les licenciements, contre le CPE&#8230; L'absence de langage de classe, notamment de la part du PC et des organisations syndicales, contribue &#224; la confusion. La capacit&#233; d'action du prol&#233;tariat est la plupart du temps r&#233;sum&#233;e &#224; celle de ses organisations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti a vocation &#224; contribuer &#224; reconstruire cette conscience de classe. C'est &#224; dire &#224; reconstruire une homog&#233;n&#233;it&#233; autour de secteurs homog&#232;nes et combatifs, susceptibles de rassembler autour d'eux. Il a m&#234;me pour r&#244;le d'&#234;tre l'aile marchante de cette reconstruction. Cela dit, on peut s'interroger sur la possibilit&#233; r&#233;elle de reconstruire une conscience de classe solide en dehors de p&#233;riodes de mobilisations de masse, d'exp&#233;riences militants tr&#232;s larges. Voil&#224; donc une t&#226;che que le parti doit se fixer, mais dont la r&#233;ussite r&#233;elle ne d&#233;pend pas de lui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Une &#171; Nouvelle classe ouvri&#232;re &#187; ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les sans-papiers, les salari&#233;s de la petite enfance, ceux des centres d'appels, les pr&#233;caires sont parfois qualifi&#233;s d'&#234;tre la &#171; nouvelle classe ouvri&#232;re &#187;. Evacuons d&#233;j&#224; l'id&#233;e, qui peut germer chez certains, qu'elle remplacerait une ancienne classe ouvri&#232;re en disparition. En revanche, les couches sociales qui sont en mouvement par leurs luttes, par des mouvements qui construisent une conscience collective nous int&#233;ressent. A condition que cette conscience collective se transforme en conscience de classe : on peut en douter par exemple (et heureusement ?) pour ce qui concerne les professeurs des universit&#233;s ou les m&#233;decins en mouvement en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, ces couches en mouvement, et les professions qui emploient beaucoup de jeunes nous int&#233;ressent car elles peuvent constituer se retrouver &#224; l'avant-garde dans des situations de reprises de la conscience de classe. Dans le pass&#233;, les diff&#233;rentes organisations du mouvement ouvrier se sont construites sur la base des secteurs professionnels ouvriers qui acqu&#233;raient une ampleur massive. Ainsi, aujourd'hui encore, le PS r&#233;alise 40% des voix dans des villes comme Longwy ou Noeux-les-Mines, dans les bassins miniers, alors que le PC y plafonne &#224; 10%. Dans l'industrie automobile, la m&#233;tallurgie, au contraire, le PC attend des scores tr&#232;s &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;fense du marxisme</title>
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		<dc:date>2009-06-21T13:18:56Z</dc:date>
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		<dc:creator>Antoine</dc:creator>



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&lt;a href="https://antoine48.eu/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;Livres d&#233;cisifs&lt;/a&gt;


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		<title>R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Espagne (1936-1938)</title>
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		<dc:date>2009-06-21T13:16:12Z</dc:date>
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		<dc:creator>Antoine</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Introduction par Ernest Mandel &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Espagne, de Felix Morrow, reste la meilleure analyse marxiste de la r&#233;volution espagnole de 1936-1937 et de son issue tragique. D'autres ouvrages &#233;crits depuis et faisant appel &#224; une documentation nouvelle et plus fournie font un r&#233;cit plus d&#233;taill&#233; des &#233;v&#233;nements et des combats (sociaux et politiques) qui ont marqu&#233; ces ann&#233;es dramatiques et de ceux qui y ont conduit [1]. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais aucun d'entre eux n'&#233;gale le livre de Morrow (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://antoine48.eu/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;Livres d&#233;cisifs&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Introduction par Ernest Mandel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Espagne, de Felix Morrow, reste la meilleure analyse marxiste de la r&#233;volution espagnole de 1936-1937 et de son issue tragique. D'autres ouvrages &#233;crits depuis et faisant appel &#224; une documentation nouvelle et plus fournie font un r&#233;cit plus d&#233;taill&#233; des &#233;v&#233;nements et des combats (sociaux et politiques) qui ont marqu&#233; ces ann&#233;es dramatiques et de ceux qui y ont conduit [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aucun d'entre eux n'&#233;gale le livre de Morrow en ce qui concerne l'analyse du mouvement fondamental des classes sociales, du caract&#232;re in&#233;vitable de leur affrontement et de l'issue du conflit d&#233;termin&#233;e par l'absence d'une direction r&#233;volutionnaire et d'une conscience politique claire du c&#244;t&#233; des masses travailleuses. Morrow explique les &#233;pisodes-cl&#233;s de la r&#233;volution et de la contre-r&#233;volution espagnole en termes de forces sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il confirme enti&#232;rement le diagnostic formul&#233; par Trotsky selon lequel la strat&#233;gie des staliniens, de leurs divers alli&#233;s et partisans (&#034; d'abord gagner la guerre, ensuite mener &#224; bien la r&#233;volution &#034;), ignorant la r&#233;alit&#233; du combat de classe et cherchant &#224; la remplacer par la manipulation politique, ne pouvait que mener au d&#233;sastre : &#224; l'&#233;tranglement de la r&#233;volution d'abord, &#224; la d&#233;faite militaire ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#233;moignages multiples qui ont &#233;t&#233; publi&#233;s depuis la publication du livre de Morrow en 1938 ont mis en lumi&#232;re de nouveaux &#233;l&#233;ments qui renforcent l'analyse fondamentale de Morrow. La responsabilit&#233; essentielle de Staline et de la bureaucratie sovi&#233;tique imposant leur ligne contre-r&#233;volutionnaire au P.C. espagnol a &#233;t&#233; confirm&#233;e par des t&#233;moins appartenant &#224; la direction de ce parti [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t maintenant dans tous leurs d&#233;tails sordides les efforts du Gu&#233;p&#233;ou pour exporter en Espagne ses techniques d'arrestations massives, de tortures, de meurtres et de proc&#232;s mont&#233;s de toutes pi&#232;ces contre les r&#233;volutionnaires accus&#233;s d'&#234;tre la 5&#232;me colonne de Franco. On conna&#238;t aussi l'&#233;chec de ces man&#339;uvres. Personne ne croyait aux calomnies staliniennes. Les travailleurs &#233;taient &#233;pouvant&#233;s par la terreur politique, et Franco put tirer profit de la terrible d&#233;moralisation ainsi cr&#233;&#233;e dans les rangs r&#233;publicains. Quand les survivants de la direction du P.O.U.M. furent finalement tra&#238;n&#233;s en proc&#232;s, ils ne furent pas condamn&#233;s comme agents de Franco, mais pour le &#034; crime &#034; d'avoir pr&#233;conis&#233;... la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est int&#233;ressant de remarquer que m&#234;me en Union sovi&#233;tique, et en d&#233;pit du contr&#244;le tr&#232;s &#233;troit exerc&#233; par la bureaucratie sur les activit&#233;s intellectuelles dans tous les domaines des sciences sociales, on se pose des questions &#8211; certes en termes prudents &#8211; sur la politique du Komintern et du P.C.E. dans la p&#233;riode 1935-1939 [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette orientation, tout comme la th&#233;orie du social-fascisme et la pratique qui en d&#233;coula, fournissant une contribution d&#233;cisive &#224; l'ascension de Hitler vers le pouvoir en Allemagne, est un des plus grands crimes de Staline. L'histoire a d&#233;j&#224; prononc&#233; un irr&#233;vocable verdict &#224; ce sujet. Ce crime est &#224; mettre sur le m&#234;me plan que la politique de collectivisation forc&#233;e qui, pendant plus de trente ans, provoqua une crise ininterrompue de l'agriculture sovi&#233;tique, sur le m&#234;me plan que les purges de masse de 1936-1938 o&#249; furent assassin&#233;s tous les cadres survivants du parti bolchevique et l'&#233;lite du commandement de l'Arm&#233;e rouge, ouvrant ainsi la voie aux d&#233;sastres militaires de l'&#233;t&#233; et de l'automne 1941, qui amen&#232;rent l'U.R.S.S. &#224; deux doigts de l'effondrement militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de la r&#233;volution espagnole ne fut pas un incident mineur sur un champ de bataille secondaire. Elle fut l'&#233;v&#232;nement-cl&#233; qui conduisit &#224; la Seconde Guerre mondiale et au d&#233;ferlement du fascisme sur tout le continent europ&#233;en, jusqu'aux portes de Leningrad, Moscou et Stalingrad. La conqu&#234;te du pouvoir en Allemagne par Hitler commen&#231;a &#224; faire pencher la balance dans le sens de la contre-r&#233;volution en Europe. Elle ass&#233;na un coup mortel &#224; la fraction la plus forte, la mieux organis&#233;e et la plus consciente du prol&#233;tariat europ&#233;en. Mais la victoire d'Hitler n'&#233;tait en aucun cas irr&#233;versible, et la conqu&#234;te de l'Europe par ses arm&#233;es pas davantage in&#233;vitable. Le surgissement formidable de la combativit&#233; r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re espagnole en 1936, port&#233; par une vague de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales en France et en Belgique, par une radicalisation, dans le monde entier, des combats de la classe ouvri&#232;re (qui atteignit m&#234;me les Etats-Unis avec les grandes gr&#232;ves sur le tas qui donn&#232;rent le jour &#224; la C.I.O.) aurait pu barrer la route &#224; Hitler. A l'&#233;t&#233; 1936, son arm&#233;e &#233;tait encore tr&#232;s faible, pas de taille &#224; se mesurer avec l'Arm&#233;e rouge. Une r&#233;volution espagnole victorieuse, s'&#233;tendant &#224; la France, aurait provoqu&#233; un &#233;cho puissant dans la classe ouvri&#232;re d'Italie et d'Allemagne [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire aurait suivi un cours enti&#232;rement diff&#233;rent.- La r&#233;volution espagnole d&#233;faite, les mobilisations de la classe ouvri&#232;re en France, en Belgique et ailleurs &#233;taient vou&#233;es au recul et &#224; la d&#233;moralisation. La victoire de la contre-r&#233;volution en Espagne ouvrait la voie &#224; la conqu&#234;te de l'Europe par Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En ce sens, la politique stalinienne sacrifiant la r&#233;volution espagnole &#224; son jeu diplomatique avec les imp&#233;rialistes fran&#231;ais et anglais ne peut d'aucune mani&#232;re &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la subordination de la r&#233;volution mondiale aux &#034; int&#233;r&#234;ts nationaux &#034; de l'Union sovi&#233;tique. En trahissant la r&#233;volution espagnole, elle portait aussi un coup puissant aux int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats de la d&#233;fense militaire de l'U.R.S.S. Cette politique &#233;tait le reflet du conservatisme fondamental de la couche dirigeante privil&#233;gi&#233;e de la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique, de la peur panique qui la saisissait d&#232;s qu'un d&#233;veloppement important de la r&#233;volution mondiale renversait le statu quo international et national entre les forces sociales, statu quo qui d&#233;terminait la passivit&#233; politique de la classe ouvri&#232;re sovi&#233;tique, base fondamentale de la domination de la bureaucratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline et ses successeurs manifest&#232;rent une m&#234;me hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard de toute r&#233;volution ouvri&#232;re, en quelque lieu qu'elle se pr&#233;sent&#226;t &#8211; Yougoslavie, Chine, Cuba... Les communistes vietnamiens ont fait les frais, les derniers en date, de la continuit&#233; de cette politique sordide. La diff&#233;rence fondamentale entre ce qui s'est pass&#233; en Espagne en 1936 et ce qui s'est pass&#233; apr&#232;s la guerre dans des occasions semblables tient &#224; la modification des rapports de force internationaux entre les classes. Le changement essentiel tient &#224; ce que les mouvements r&#233;volutionnaires sont suffisamment forts pour que les efforts de la bureaucratie sovi&#233;tique pour les &#233;trangler comme elle l'a fait en Espagne se soldent quelquefois par un &#233;chec. Cela ne r&#233;sulte pas uniquement des modifications du rapport de forces international, mais aussi du fait que quelques partis communistes nationaux ou des forces r&#233;volutionnaires ind&#233;pendantes se sont montr&#233;s pr&#234;ts &#224; rompre &#224; temps, et de mani&#232;re d&#233;cisive, avec la strat&#233;gie mench&#233;vique du stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution espagnole a &#233;t&#233; &#233;galement le t&#233;moignage historique le plus accablant contre le point de vue spontan&#233;iste qui consid&#232;re qu'un mouvement de masse puissant suffirait pour d&#233;boucher sur la victoire de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais l'histoire n'avait fourni l'exemple d'un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ralis&#233; semblable &#224; celui que connut l'Espagne en juillet 1936, lorsque les travailleurs bris&#232;rent l'insurrection de l'arm&#233;e fasciste dans pratiquement toutes les grandes villes du pays et dans une bonne partie des campagnes. Jamais encore les masses ne s'&#233;taient empar&#233;es spontan&#233;ment des usines, des services publics, des grandes propri&#233;t&#233;s &#224; la campagne, comme elles l'ont fait alors en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, la r&#233;volution ne l'emporta pas. Les masses travailleuses ne mirent en place aucun organe de pouvoir unifi&#233; et centralis&#233;. Confront&#233;s &#224; ces questions cl&#233;s qui se posent dans toute r&#233;volution, les dirigeants anarchistes &#8211; qui avaient &#233;duqu&#233; les masses dans l'esprit de la doctrine de la &#034; suppression &#034; imm&#233;diate de l'Etat &#8211; jou&#232;rent un r&#244;le d&#233;cisif pour emp&#234;cher les masses r&#233;volutionnaires largement influenc&#233;es par l'anarcho-syndicalisme de se doter de leurs propres structures d'Etat ouvrier. Elles acceptaient ainsi de facto la r&#233;surgence de l'Etat bourgeois et de son appareil r&#233;pressif. Le fait que ces m&#234;mes dirigeants anarchistes furent pr&#234;ts &#224; participer &#224; la r&#233;surgence de cet Etat en participant &#224; un gouvernement de coalition avec la bourgeoisie, avant que les militants anarchistes eux-m&#234;mes ne deviennent les victimes d'une r&#233;pression que leurs dirigeants avaient contribu&#233; &#224; rendre possible, ne fait que souligner les le&#231;ons essentielles de juillet 1936. La combativit&#233; anticapitaliste, l'&#233;nergie r&#233;volutionnaire et l'h&#233;ro&#239;sme des masses peuvent dans certaines circonstances aller bien au-del&#224; des pr&#233;visions des r&#233;volutionnaires eux-m&#234;mes. Mais si l'on ne d&#233;truit pas r&#233;ellement l'appareil d'Etat de la bourgeoisie pour le remplacer par un nouvel Etat ouvrier, la r&#233;volution socialiste ne peut en aucun cas l'emporter. Et ce nouvel Etat ouvrier ne peut &#234;tre construit sans direction centralis&#233;e, au fil des luttes spontan&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu diplomatique de Staline &#8211; largement fond&#233; sur des illusions &#8211; fut la cause imm&#233;diate de la d&#233;faite de la r&#233;volution espagnole. Ce sont les int&#233;r&#234;ts de la bureaucratie sovi&#233;tique comme couche sociale parasitaire qui sont, en derni&#232;re analyse, la base mat&#233;rielle de cette politique contre-r&#233;volutionnaire. Mais la th&#233;orie mench&#233;vique de la &#034; r&#233;volution par &#233;tapes &#034; appliqu&#233;e &#224; l'Espagne (sous la forme de sa variante &#034; antifasciste &#034;) pas seulement par les principaux hommes du Komintern mais aussi par plus d'un de leurs alli&#233;s social-d&#233;mocrates &#8211; pour ne pas parler des politiciens bourgeois &#034; lib&#233;raux &#034; qui aval&#232;rent cette th&#233;orie avec grand enthousiasme &#8211; joua le r&#244;le d'une m&#233;diation importante entre ces int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et la politique contre-r&#233;volutionnaire. Puisque l'Espagne &#233;tait un pays arri&#233;r&#233;, c'&#233;tait la r&#233;volution d&#233;mocratique-bourgeoise qui devait &#234;tre &#224; l'ordre du jour. Ainsi, on consid&#233;rait qu'il s'agissait exclusivement de d&#233;fendre la d&#233;mocratie bourgeoise, la r&#233;publique d&#233;mocratique, contre le fascisme, la monarchie et les &#034; propri&#233;taires terriens semi-f&#233;odaux &#034;, et non pas de conduire &#224; son issue logique la lutte des ouvriers et des paysans contre l'exploitation et l'oppression par un processus de r&#233;volution permanente d&#233;bouchant sur l'instauration du pouvoir des travailleurs, r&#233;solvant en passant ces t&#226;ches de la r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise que l'histoire particuli&#232;re du capitalisme espagnol avait laiss&#233;es inachev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, plus de trente-cinq ans apr&#232;s la fin de la guerre civile, face au franquisme en liquidation, le P.C. espagnol ainsi que les divers groupes centristes s'accrochent toujours d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; la m&#234;me strat&#233;gie fondamentale. Ils sont plus fermement attach&#233;s que jamais &#224; leur conception de la &#034; r&#233;volution par &#233;tapes &#034;. La premi&#232;re &#233;tape doit &#234;tre la restauration de la &#034; d&#233;mocratie &#034;. En fait, le P.C. est m&#234;me pr&#234;t &#224; abandonner le concept d'une r&#233;publique d&#233;mocratique et &#224; accepter la restauration de la monarchie pourvu que cela permette la restauration des libert&#233;s d&#233;mocratiques. Ensuite viendra une &#233;tape de d&#233;mocratie parlementaire pendant laquelle le P.C. et &#034; d'autres forces d&#233;mocratiques &#034; lutteront pour des r&#233;formes. Ce n'est que lorsque de cette fa&#231;on la &#034; majorit&#233; &#034; du peuple espagnol aura &#233;t&#233; gagn&#233;e (&#224; travers des &#233;lections) que la lutte pour le socialisme pourra &#234;tre mise &#224; l'ordre du jour, en passant par une nouvelle &#233;tape interm&#233;diaire, celle de la &#034; d&#233;mocratie avanc&#233;e &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secret espoir du P.C.E. &#233;tait que, de quelque fa&#231;on, les capitalistes eux-m&#234;mes &#034; lib&#233;ralisent &#034; la dictature bonapartiste s&#233;nile qui, en l'absence de toute base de masse petite-bourgeoise, avait de toute mani&#232;re perdu son caract&#232;re fasciste. C'est pourquoi le P.C.E. s'est prononc&#233; en faveur de l'entr&#233;e de l'Espagne dans le March&#233; commun, tout comme les sociaux-d&#233;mocrates espagnols qui partagent les m&#234;mes espoirs et les m&#234;mes illusions. La d&#233;mocratie octroy&#233;e d'en haut r&#233;clame tout au plus une&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; pression &#034; par en bas, avec des luttes savamment fragmentaires et entrecoup&#233;es de n&#233;gociations de toutes les forces &#034; d&#233;mocratiques &#034;, y compris les monarchistes lib&#233;raux, avec la monarchie post-franquiste. Comme en 1936, des man&#339;uvres politiques apparemment savantes se substituent &#224; une &#233;valuation sens&#233;e de ce que sont les forces sociales fondamentales en pr&#233;sence, leurs oppositions d'int&#233;r&#234;ts, leur dynamique imm&#233;diate et historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait absurde de nier que la soci&#233;t&#233; espagnole a consid&#233;rablement chang&#233; depuis la guerre civile de 1936-1939. Apr&#232;s de nombreuses ann&#233;es d'isolement, le capitalisme espagnol s'est trouv&#233; entra&#238;n&#233; au cours des ann&#233;es 1950 dans le grand boom d'apr&#232;s-guerre de l'&#233;conomie imp&#233;rialiste en Europe occidentale. Gr&#226;ce au d&#233;veloppement consid&#233;rable du tourisme et &#224; l'&#233;migration massive d'habitants des villes et des campagnes sans travail absorb&#233;s par l'&#233;conomie de l'Europe occidentale, le march&#233; national espagnol put s'&#233;largir, et on assista &#224; un important proc&#232;s d'industrialisation. Aujourd'hui l'Espagne est devenue pour l'essentiel un pays industriel o&#249; la majorit&#233; absolue de la population vit dans les villes et o&#249; la classe ouvri&#232;re industrielle est devenue la classe sociale la plus importante num&#233;riquement de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, l'Espagne demeure un pays marqu&#233; par des traits d'arri&#233;ration importants si on le compare &#224; des pays imp&#233;rialistes tels que l'Allemagne de l'Ouest, la Grande-Bretagne, la France ou l'Italie. Son industrie est encore incapable d'&#234;tre r&#233;ellement comp&#233;titive sur le march&#233; mondial. Les produits qu'elle exporte sont encore pour l'essentiel des produits agricoles. Le sud et l'ouest du pays demeurent fortement marqu&#233;s par le sous-d&#233;veloppement. La question nationale, notamment au Pays basque, en Catalogne et en Galice, reste un cancer incurable en r&#233;gime capitaliste. En d&#233;pit de cela, si le point de vue de ceux qui consid&#233;raient que l'Espagne &#233;tait &#224; la veille d'une r&#233;volution d&#233;mocratique-bourgeoise en 1936 &#233;tait d&#233;j&#224; totalement erron&#233;, un tel point de vue est aujourd'hui tout simplement grotesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un long sommeil, d&#233;coulant &#224; la fois de la terrible r&#233;pression qui suivait la victoire de Franco et qui fut aussi meurtri&#232;re que la guerre civile elle-m&#234;me, d&#233;coulant aussi de son manque de perspectives et de confiance en soi, la classe ouvri&#232;re espagnole s'est r&#233;solument lanc&#233;e dans de nouvelles luttes depuis le d&#233;but des ann&#233;es 60. D'innombrables gr&#232;ves et manifestations de rue ont commenc&#233; &#224; former une nouvelle avant-garde militante dans les usines, les quartiers et les universit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, les capitalistes se sont efforc&#233;s de maintenir ces luttes dans le cadre de revendications purement &#233;conomiques. Mais la nature m&#234;me de la dictature a entra&#238;n&#233; l'&#233;chec de cette strat&#233;gie. La nouvelle combativit&#233; de la classe ouvri&#232;re d&#233;bouchait forc&#233;ment sur la lutte pour la lib&#233;ration des prisonniers politiques (lutte pour l'amnistie)- ; sur la lutte pour des syndicats libres et la lutte pour la l&#233;galisation de tous les partis ouvriers ; sur la lutte pour la libert&#233; de la presse, la libert&#233; de manifestation, la lutte pour l'autod&#233;termination des nations opprim&#233;es. Ainsi, les revendications politiques et &#233;conomiques se trouv&#232;rent &#233;troitement combin&#233;es. Apr&#232;s quelques hauts et bas, et en d&#233;pit de l'&#233;tat d'urgence proclam&#233; par la dictature depuis 1969, des vagues successives de gr&#232;ves g&#233;n&#233;ralis&#233;es ont d&#233;ferl&#233; au Pays Basque, dans la r&#233;gion de Barcelone, &#224; Madrid, dans les Asturies et m&#234;me dans les r&#233;gions jadis arri&#233;r&#233;es de la Galice. Les mouvements de solidarit&#233; contre la r&#233;pression ont contribu&#233; &#224; politiser un mouvement gr&#233;viste qui, en 1976, battit tous les records historiques avec plus de 100 millions de journ&#233;es de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces luttes, le poids de la classe ouvri&#232;re est absolument d&#233;cisif ; de plus, celle-ci est entr&#233;e en lutte pour d&#233;fendre ses propres int&#233;r&#234;ts de classe, et il est donc totalement irr&#233;aliste d'attendre qu'elle limite volontairement ses objectifs &#224; une premi&#232;re &#233;tape &#034; qui serait la restauration de la d&#233;mocratie bourgeoise. Les travailleurs qui se mettent &#224; occuper les usines, qui apprennent &#224; affronter la police et l'arm&#233;e, ne s'engageront pas dans une &#233;preuve de force d&#233;cisive avec un adversaire de classe farouche, pour le plaisir de remettre gentiment le fruit de leur victoire entre les mains de leurs exploiteurs. In&#233;vitablement, la r&#233;volution espagnole qui vient aura un caract&#232;re socialiste et prol&#233;tarien d'embl&#233;e, c'est-&#224;-dire qu'elle tirera son caract&#232;re des actions de la classe ouvri&#232;re et dessinera la possibilit&#233; de la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie pas que des revendications d&#233;mocratiques ne puissent jouer un r&#244;le important pour stimuler la r&#233;volution. Cela ne signifie pas davantage qu'il ne puisse y avoir aucune p&#233;riode interm&#233;diaire entre le renversement du r&#233;gime de &#034; d&#233;mocratie autoritaire &#034; et &#034; d'Etat fort &#034; post-franquiste, et l'&#233;tablissement de la dictature du prol&#233;tariat. Cela signifie simplement que la direction de la classe ouvri&#232;re sera une fois de plus &#8211; comme en 1936 &#8211; le facteur d&#233;cisif pour l'issue du processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un interr&#232;gne d&#233;mocratique-bourgeois peut appara&#238;tre au cours de la lutte de masse qui &#233;branle, d&#233;compose et balaie successivement le r&#233;gime franquiste et son h&#233;ritier monarchiste. Mais cela ne sera pas parce que la situation n'est pas &#034; m&#251;re &#034; pour la conqu&#234;te du pouvoir par la classe ouvri&#232;re. Cela ne fera que refl&#233;ter le fait que les organisations de masse que les travailleurs suivent encore (et en premier lieu le P.C.) ont provisoirement r&#233;ussi &#224; faire refluer le d&#233;but d'une mont&#233;e de r&#233;volution socialiste vers les canaux de la d&#233;mocratie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la dur&#233;e d'un tel interr&#232;gne sera encore plus restreinte qu'entre 1931 et 1936. Le d&#233;veloppement industriel que l'Espagne a connu depuis lors n'a fait que rendre les contradictions sociales plus explosives. La mis&#232;re des ch&#244;meurs, des paysans pauvres, des victimes de la crise &#233;conomique ne manqueront pas de se combiner avec la force accrue de la classe ouvri&#232;re pour &#233;branler la soci&#233;t&#233; bourgeoise jusque dans ses fondements. La classe capitaliste ne tardera pas &#224; s'apercevoir qu'elle n'a pas les moyens de neutraliser les forces sociales r&#233;volutionnaires &#224; coups de r&#233;formes. La r&#233;pression de masse redeviendra rapidement la strat&#233;gie de base de la classe dominante. La classe ouvri&#232;re, dot&#233;e de ses propres organisations ind&#233;pendantes, ne se soumettra pas sans broncher &#224; cette r&#233;pression, pas plus qu'elle ne l'a fait en 1934 ou 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La variante la plus probable, en tout &#233;tat de cause, est que ces luttes de masse culminent dans une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Une situation de double pouvoir surgirait de ce mouvement g&#233;n&#233;ralis&#233;. La question d'une F&#233;d&#233;ration des r&#233;publiques ouvri&#232;res de la p&#233;ninsule ib&#233;rique se trouverait ainsi mise &#224; l'ordre du jour. Consciente du caract&#232;re probable de cet encha&#238;nement d'&#233;v&#233;nements, la bourgeoisie espagnole continue &#224; s'accrocher &#224; un appareil de r&#233;pression h&#233;rit&#233; du franquisme, et qu'elle n'est pas pr&#234;te &#224; sacrifier sur l'autel d'une , cr&#233;dibilit&#233; d&#233;mocratique .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle g&#233;n&#233;ration de r&#233;volutionnaires espagnols s'est lev&#233;e aujourd'hui, produit de quinze ann&#233;es d'essor de luttes des masses ouvri&#232;res, estudiantines, f&#233;minines, nationales. Cette g&#233;n&#233;ration est en train d'assimiler les le&#231;ons de la guerre civile de 1936-1939. Elle est encore faible en regard des t&#226;ches immenses que lui assigne l'histoire. Mais elle est infiniment plus forte que la poign&#233;e de trotskystes qui se trouvaient en Espagne pendant les semaines et les mois d&#233;cisifs que d&#233;crit le livre de Morrow. La r&#233;volution espagnole qui vient jouera un r&#244;le d&#233;cisif dans le d&#233;veloppement de la r&#233;volution socialiste en Europe occidentale, processus auquel le Mai 68 de France a donn&#233; le coup d'envoi. Aider les marxistes-r&#233;volutionnaires espagnols &#224; construire un parti l&#233;niniste de masse solide, &#224; construire une puissante section de la Quatri&#232;me Internationale, c'est aujourd'hui une des t&#226;ches les plus urgentes pour les r&#233;volutionnaires du monde entier. La r&#233;&#233;dition de ce livre vient &#224; son heure pour contribuer &#224; cette t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ernest MANDEL&lt;br class='autobr' /&gt;
1er mars 1977&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Par exemple . Pierre Brou&#233; et Emile T&#233;mime, la R&#233;volution et la guerre d'Espagne, Paris 1961 ; Hugues Thomas, la Guerre civile espagnole (Livre de poche, 2 vol.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Un ancien membre du bureau politique du Parti communiste espagnol pendant la guerre civile, Jesus Hernandez, a publi&#233; en 1953 un violent r&#233;quisitoire contre les immixtions de Staline et du Gu&#233;p&#233;ou dans les affaires du P.C.E. pendant la guerre civile, intitul&#233; J'&#233;tais ministre de Staline. Afin de d&#233;truire une l&#233;gende tenace, il faut souligner le r&#244;le inf&#226;me jou&#233; par Togliatti en qualit&#233; de principal repr&#233;sentant du Komintern en Espagne ; ce r&#244;le consista &#224; la fois &#224; imposer au P.C.E. la ligne droiti&#232;re de la &#034; r&#233;volution par &#233;tapes &#034; (cf. son article sur les particularit&#233;s de la r&#233;volution espagnole &#034;, reproduit dans ses textes choisis : Sul Movimento operaio internationale, Roma 1964) et &#224; organiser pratiquement la terreur du Gu&#233;p&#233;ou en Espagne. Cette analyse est confirm&#233;e par un autre ex-dirigeant &#233;minent du P.C.E., Fernando Claudin, dans son livre la Crise du mouvement communiste international (Maspero).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir par exemple : K. L. Maidanik, le Prol&#233;tariat espagnol dans la guerre nalionale-r&#233;volutioitnaire (Moscou 1960). L'auteur reconna&#238;t qu'en juillet 1936, les travailleurs avaient effectivement commenc&#233; &#224; prendre le pouvoir et &#233;taient all&#233;s bien au-del&#224; des limites d'une r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise. Son livre fut soumis au feu d'une violente critique en U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Il y eut effectivement des d&#233;sertions, pas seulement parmi les troupes italiennes engag&#233;es en Espagne contre les R&#233;publicains, mais m&#234;me parmi les pilotes s&#233;lectionn&#233;s de l'arm&#233;e de l'air hitl&#233;rienne envoy&#233;e aux c&#244;t&#233;s de Franco, la L&#233;gion Condor. Cf. Walter G&#246;rlitz, Der Deutsche Generalstad, Frankfurt, p. 442.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi il fait gr&#232;ve, celui-l&#224; ?</title>
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&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-167 '&gt;&lt;strong&gt;Interview RTL
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		<title>Brochure inachev&#233;e des JCR sur le CPE</title>
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		<dc:creator>Antoine</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le mouvement sur le CPE a &#233;t&#233; le plus grand mouvement de la jeunesse depuis 1968. Il a dur&#233; de d&#233;but janvier &#224; d&#233;but avril, soit pr&#232;s de trois mois. 69 universit&#233;s et un millier de lyc&#233;es ont &#233;t&#233; en gr&#232;ve. Des manifestations ont rassembl&#233; 500 000 jeunes. Il a entra&#238;n&#233; trois millions de manifestants. Il a pouss&#233; le gouvernement Villepin au bord de la d&#233;mission. De plus, ce mouvement repr&#233;sente une &#233;tape d&#233;terminante pour le mouvement ouvrier en France parce qu'il a repr&#233;sent&#233; la premi&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://antoine48.eu/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;CPE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement sur le CPE a &#233;t&#233; le plus grand mouvement de la jeunesse depuis 1968. Il a dur&#233; de d&#233;but janvier &#224; d&#233;but avril, soit pr&#232;s de trois mois. 69 universit&#233;s et un millier de lyc&#233;es ont &#233;t&#233; en gr&#232;ve. Des manifestations ont rassembl&#233; 500 000 jeunes. Il a entra&#238;n&#233; trois millions de manifestants. Il a pouss&#233; le gouvernement Villepin au bord de la d&#233;mission. De plus, ce mouvement repr&#233;sente une &#233;tape d&#233;terminante pour le mouvement ouvrier en France parce qu'il a repr&#233;sent&#233; la premi&#232;re victoire d'ampleur contre un gouvernement depuis 1995. Apr&#232;s les d&#233;faites de 2003 sur la S&#233;curit&#233; sociale et le LMD, de 2005 sur la loi Fillon, cette victoire est un formidable encouragement pour les luttes des jeunes et des travailleurs. Bien s&#251;r, on regrette de ne pas avoir rejet&#233; la loi sur l'&#233;galit&#233; des chances, de ne pas avoir fait sauter le CNE, mais ce qui restera dans la m&#233;moire de la plupart des jeunes et des travailleurs, c'est la d&#233;faite d'un gouvernement de combat par un mouvement des jeunes et des travailleurs, emmen&#233; par les &#233;tudiants. Cette victoire est d'autant plus &#233;tonnante qu'elle est arriv&#233;e dans un contexte terrible : les d&#233;faites des gr&#232;ves &#224; la SNCM et la RTM, le passage du Pacte pour la recherche, l'&#233;tat d'urgence, le plan de pr&#233;vention de la d&#233;linquance, la r&#233;forme de l'assurance maladie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;bloc&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le CPE, le CNE, la loi sur l'&#233;galit&#233; des chances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contrat premi&#232;re embauche est un amendement &#224; la loi sur l'&#233;galit&#233; des chances. Celle-ci a &#233;t&#233; &#233;crite apr&#232;s la mobilisation dans les banlieues de d&#233;cembre 2005 et l'&#233;tat d'urgence mis en place par le gouvernement. Elle mettait en place l'apprentissage &#224; partir de 14 ans, le travail de nuit d&#232;s 15 ans, le renforcement des polices municipales, la possibilit&#233; de supprimer les allocations familiales aux jeunes d&#233;sign&#233;s comme d&#233;linquants. Le CPE a &#233;t&#233; ajout&#233; au projet de loi, sur une d&#233;cision de Villepin. Il s'inspire du Contrat nouvelle embauche, mis en place dans les entreprises de moins de 20 salari&#233;s. Ce contrat, pass&#233; sans r&#233;elle r&#233;action du mouvement ouvrier, est un CDI avec une p&#233;riode d'essai de deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;/bloc&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
I.	Le contexte politique et social
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation des jeunes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement sur le CPE se d&#233;roule dans un contexte particulier concernant la situation sociale des jeunes. Depuis quelques ann&#233;es, celle-ci s'est modifi&#233;e. La stagnation des salaires a fait baisser le niveau social des &#233;tudiants. Ils sont plus nombreux &#224; travailler en m&#234;me temps pour fiancer leurs &#233;tudes (la moiti&#233; d'apr&#232;s l'Unef). De plus, le statut de MI-SE ne leur est plus r&#233;serv&#233; et les pions ne sont plus choisis sur crit&#232;res sociaux, ce qui leur ferme la porte &#224; un travail relativement bien r&#233;mun&#233;r&#233; et avec un temps de travail limit&#233;. Des centaines de milliers d'&#233;tudiants se retrouvent donc caissiers, chez Mc Do, en Interim, serveurs. Ils c&#244;toient des jeunes de milliers populaires et des travailleurs dont c'est le m&#233;tier r&#233;gulier. Ce v&#233;cu et la diminution du niveau de vie des familles change la vision qu'a la majorit&#233; des &#233;tudiants sur le travail. C'est cela qui permet aux gouvernements de justifier la professionnalisation, mais c'est aussi ce qui rend plus concret et plus pr&#233;occupant pour les jeunes les attaques contre le droit du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre grande modification de la situation des jeunes est l'adoption de la r&#233;forme LMD. Celle-ci a trois cons&#233;quences fondamentales. Les &#233;tudiants ont largement l'impression de s'&#234;tre fait avoir et en sont &#233;nerv&#233;s m&#234;me s'ils ne sont pas pr&#234;ts &#224; se mobiliser massivement. Les &#233;tudes sont plus difficiles, la s&#233;lection est plus forte, les frais d'inscription s'&#233;l&#232;vent, ce qui rend les &#233;tudiants moins insouciants, plus pr&#233;occup&#233;s de leur avenir en m&#234;me temps que cela rend plus difficiles les mobilisations et les activit&#233;s politiques et syndicales. Enfin, tr&#232;s concr&#232;tement, les cours deviennent obligatoires, ce qui fait que, soit on ne se mobilise pas, soit on est forc&#233;ment en gr&#232;ve dure. C'est ce choix que feront, difficilement, les &#233;tudiants et les lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les attaques contre les jeunes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes sont une cible privil&#233;gi&#233;e du gouvernement. En 2002, la r&#233;forme LMD et mise en place, avec pour objectif la r&#233;duction des qualifications, et pour cons&#233;quence imm&#233;diate des &#233;tudes plus difficiles. En 2005, la loi Fillon sur les lyc&#233;es r&#233;duit elle aussi les qualifications, renforce les in&#233;galit&#233;s entre les jeunes de l'&#233;cole primaire au lyc&#233;e. Et, surtout, la r&#233;pression et la pression quotidienne de l'&#201;tat s'exerce principalement sur les jeunes. Les contr&#244;les dans les transports, dans les lyc&#233;es, et par la police sont repr&#233;sentatifs d'une soci&#233;t&#233; o&#249; l'on tente de mettre au pas les travailleurs, et o&#249; l'on veut faire accepter ce fonctionnement au plus jeune &#226;ge. La r&#233;pression polici&#232;re est telle que des dizaines de jeunes sont tu&#233;s chaque ann&#233;e dans des commissariats. Le racisme de l'&#201;tat, relay&#233; par une partie de la population, exerce une pression suppl&#233;mentaire sur une bonne partie de la jeunesse des quartiers les plus populaires des grandes villes.&lt;br class='autobr' /&gt;
En novembre 2005, l'assassinat de Zied et Bouna, deux jeunes poursuivis par la police qui se tuent dans un local &#233;lectrique o&#249; ils s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s, met une premi&#232;re fois le feux aux poudres. &#192; Clichy-sous-Bois et Montfermeil, puis dans de nombreuses banlieues populaires, une v&#233;ritable r&#233;volte est d&#233;clench&#233;e. Elle est la cons&#233;quence de la situation sociale des jeunes, de l'absence d'avenir, des provocations de la police et de Sarkozy [Note : Sarkozy d&#233;clare vouloir &#171; nettoyer au K&#228;rscher &#187; les banlieues, parle de &#171; racaille &#187;]. Ce mouvement rencontre une large compr&#233;hension dans la population, malgr&#233; le matraquage id&#233;ologique et les ambigu&#239;t&#233;s de la majorit&#233; des organisations du mouvement ouvrier. Une r&#233;union unitaire des organisations de jeunesse contre l'&#233;tat d'urgence, convoqu&#233;e par les JCR, rassemble la totalit&#233; des organisations de jeunesse de gauche, ce qui est repr&#233;sentatif du fait que le malaise et la mobilisation des banlieues influence largement la jeunesse dans toutes ses sph&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression (environ 5 000 arrestations, des centaines de peine de prison ferme) marque la jeunesse, qu'elle soit sans travail, lyc&#233;enne ou &#233;tudiante et nourrit le ras-le-bol d'une partie importante de la jeunesse. Le CPE, dans ce contexte, est probablement la goutte d'eau qui fait d&#233;border le vase plus qu'une attaque particuli&#232;rement grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre sociale contre les salari&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s aussi ont &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; une offensive bourgeoise consid&#233;rable. La mise en place des 35 heures a provoqu&#233; une augmentation de la flexibilit&#233; et de la productivit&#233;. Les r&#233;formes des retraites et de l'assurance maladie ont diminu&#233; le pouvoir d'achat des salari&#233;s et leur salaire diff&#233;r&#233;. Le CNE a augment&#233; la pr&#233;carit&#233;. Et, surtout, toutes ces attaques ont r&#233;duit le rapport de forces dans les entreprises, ont permis &#224; des petits chefs de prendre plus d'autorit&#233;, la pression a augment&#233; sur les travailleurs. D'un autre c&#244;t&#233;, des mobilisations ont eu lieu contre nombre de ces attaques, m&#234;me si elles ont &#233;chou&#233;. Ces d&#233;faites ont pu d&#233;moraliser une partie des gr&#233;vistes &#8212; c'est peut-&#234;tre en partie pour cela que les travailleurs ont mis autant de temps &#224; participer &#224; la mobilisation contre le CPE &#8212;, mais les batailles ont forg&#233; une conscience de classe et une histoire commune &#224; des millions de travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les salari&#233;s se sont senti solidaires de la lutte des jeunes et ont voulu y contribuer, c'est probablement parce qu'il y ont vu une mani&#232;re de prendre une revanche contre le gouvernement. On a parl&#233; en 1995 et en 2003 de &#171; gr&#232;ve par procuration &#187;, de millions de personnes qui soutenaient les gr&#232;ves sans y participer parce qu'ils &#233;taient totalement solidaires du mouvement et de ses revendications. Ici, on a connu un ph&#233;nom&#232;ne semblable mais les travailleurs se sont sentis encore plus concern&#233; par le mouvement parce que le CPE faisait partie d'une s&#233;rie CNE, CPE, CTU [Contrat de travail unique : un contrat de travail qui doit remplacer le CDI et le CDD, avec une p&#233;riode d'essai de deux ans.], et que la gr&#232;ve des jeunes ne parvenait pas &#224; gagner seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exp&#233;rience de la jeunesse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette mobilisation, la jeunesse jouissait d'une exp&#233;rience importante, accumul&#233;e dans les mobilisations des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. La mobilisation de 2002 contre l'extr&#234;me droite avait permis de retrouver le chemin des mobilisations, de donner confiance &#224; une certaine forme de spontan&#233;it&#233;. Le mouvement contre la guerre, en 2003 a permis &#224; une s&#233;rie de militants, notamment de milieux populaires, de construire des mobilisations sur la dur&#233;e. Ce mouvement a aussi oblig&#233; les r&#233;volutionnaires et donc leur a appris, en particulier aux JCR, &#224; prendre des initiatives, &#224; se consid&#233;rer comme une direction pour les mobilisations. En effet, dans ce mouvement, les r&#233;formistes n'ont pratiquement rien fait, &#224; part la direction de l'Unef qui a voulu construire le mouvement autour de l'elle. Nous avons donc &#233;t&#233; oblig&#233;s de construire des cadres d'auto-organisation (comme Agir contre la guerre) seuls, avec nos seuls rep&#232;res et forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de mai-juin 2003, contre la r&#233;forme des retraites et la d&#233;centralisation, a constitu&#233; une &#233;tape importante en particulier pour les salari&#233;s. Dans ce mouvement, les coordinations interprofessionnelles ont tiss&#233; des r&#233;seaux qui ont &#233;t&#233; r&#233;utilis&#233;s plus tard, en particulier dans le mouvement sur le CPE. Des jeunes travailleurs, notamment enseignants, ont acquis leurs premi&#232;res exp&#233;riences de lutte, qu'ils ont r&#233;investis par la suite. Du c&#244;t&#233; des &#233;tudiants, cela a surtout confirm&#233; que ne gagne pas avec seulement quelques universit&#233;s mobilis&#233;es, qu'il faut une mouvement beaucoup plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux exp&#233;riences les plus fortes pour les jeunes ont &#233;t&#233; le mouvement de novembre et d&#233;cembre 2003 chez les &#233;tudiants, contre le LMD, et le mouvement du printemps 2005 contre la loi Fillon dans les lyc&#233;es. Dans le premier, nous avons fait l'exp&#233;rience de la cr&#233;ation d'une coordination nationale. Celle-ci a &#233;t&#233; tr&#232;s faible (seulement trois r&#233;unions et une vingtaine d'universit&#233;s repr&#233;sent&#233;es), ce qui correspondait &#224; la faiblesse du mouvement, mais nous avons pu en tirer plusieurs le&#231;ons : il est n&#233;cessaire d'appeler tr&#232;s t&#244;t &#224; une coordination pour qu'elle puisse diriger le mouvement ; pour construire cette coordination et le mouvement, il y a besoin de tous les courants politiques et syndicaux ; il faut &#233;lire un bureau pour cette coordination pour la g&#233;rer au quotidien et s'adresser &#224; la presse et aux organisations de travailleurs, il faut &#233;crire des appels des coordinations vers l'ext&#233;rieur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience principale du mouvement 2005 est celle du blocage. En effet, le blocage avait &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233; dans le mouvement de 2003 dans quelques universit&#233;s (Rennes, Toulouse&#8230;) mais il a &#233;t&#233; utilis&#233; &#224; une &#233;chelle plus large pendant le mouvement lyc&#233;en. Au d&#233;but de celui-ci, les JCR avaient appel&#233; &#224; bloquer les lyc&#233;es, sans y croire trop, mais c'est ce qui a eu lieu tr&#232;s rapidement, pour permettre une mobilisation durable des lyc&#233;ens. En effet, si les lyc&#233;es n'&#233;taient pas bloqu&#233;s, le mouvement s'&#233;puisait plus vite &#224; cause de la pression des cours qui continuaient. Il y a eu jusqu'&#224; 850 lyc&#233;es bloqu&#233;s pendant une journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces exp&#233;riences n'ont pas touch&#233; de mani&#232;re &#233;gale tous les jeunes. Les premiers &#224; profiter de ces exp&#233;riences sont les organisations et les militants organis&#233;s [M&#234;me &#224; l'Unef, l'id&#233;e de blocage n'&#233;tait pas rejet&#233;e en bloc, elle l'&#233;tait par la direction, mais a &#233;t&#233; tr&#232;s rapidement mise en place par les militants de base, vite rejoints par la direction.] Mais elles ont influenc&#233; les secteurs politis&#233;s, et de nombreux militants du mouvement, non organis&#233;s, avaient d&#233;j&#224; particip&#233; &#224; une de ces mobilisations et en avaient donc tir&#233; des le&#231;ons. C'est la somme de ces exp&#233;riences, de ces organisations et de ces militants qui a &#233;t&#233; profitable au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;l&#233;ments de crise politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mouvement a pu gagner, c'est sans doute en partie parce qu'il s'est appuy&#233; sur une crise politique latente, une fragilisation du groupe au pouvoir. En effet, celui-ci a subi plusieurs d&#233;faites &#233;lectorales successives : la d&#233;faite sur la Constitution, la d&#233;faite aux &#233;lections r&#233;gionales et europ&#233;ennes. Celles-ci &#233;taient le signe d'une &#233;volution du rapport de force en d&#233;faveur de la bourgeoisie, signe que Villepin et Chirac n'ont pas pris en compte en choisissant de passer en force sur le CPE. La d&#233;faite sur la Constitution a &#233;t&#233; une remise en cause m&#234;me plus globale, des organisations au pouvoir, d'un accord large au niveau des m&#233;dias, des courants politiques, des institutions. La r&#233;volte des banlieues populaires et la mise en place de l'&#233;tat d'urgence ont aussi &#233;t&#233; des facteurs de crise politique : ils ont d&#233;stabilis&#233; le gouvernement. De plus, la multiplication de mobilisations d&#233;faites ces derni&#232;res ann&#233;es a tout de m&#234;me produit un rejet du gouvernement, en particulier le mouvement de 2003 contre la r&#233;forme des retraites et le mouvement lyc&#233;en, o&#249; la r&#233;pression a &#233;t&#233; tr&#232;s forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces &#233;l&#233;ments ont contribu&#233; &#224; fragiliser le gouvernement, &#224; le d&#233;l&#233;gitimer, &#224; convaincre une large frange de la population de la n&#233;cessit&#233; de se battre contre lui et d'en finir avec lui. Cela a sans doute pes&#233; pour l'investissement de centaines de milliers de travailleurs et pour la possibilit&#233; de d&#233;fendre le mot d'ordre de &#171; d&#233;mission du gouvernement &#187; dans le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
II.	Le d&#233;roulement du mouvement
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il a failli ne rien se passer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 janvier, Villepin annonce la cr&#233;ation du CPE. Il pr&#233;voit de le faire adopter en proc&#233;dure d'urgence, pour prendre de vitesse toute volont&#233; de mobilisation. De fait, dans la jeunesse, il n'y a pas r&#233;action imm&#233;diate et massive. Le gouvernement compte sur trois &#233;l&#233;ments : le mouvement ouvrier a laiss&#233; passer le CNE sans r&#233;agir, il n'y a pas de mobilisation pr&#233;vue contre la LEC, et la jeunesse a &#233;t&#233; d&#233;faite en 2003 et en 2005 par deux fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des r&#233;unions unitaires entre les organisations de jeunesse ont lieu d&#232;s le 19 janvier. C'est ce qui va donner confiance aux &#233;quipes militantes pour commencer &#224; faire des interventions dans les amphis, les TD et les classes. Au d&#233;part, ce sont surtout des militants organis&#233;s, qui rencontrent un &#233;cho limit&#233;. Mais, petit &#224; petit, des jeunes non organis&#233;s s'agr&#232;gent &#224; ces &#233;quipes. Aucune date de manifestation n'est annonc&#233;e. La manifestation interprofessionnelle de la CGT du 31 janvier et celle du 2 f&#233;vrier sur l'&#233;ducation sont utilis&#233;es comme premi&#232;res dates de mobilisation et pour commencer &#224; structurer la mobilisation : des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales se r&#233;unissent apr&#232;s les manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation s'acc&#233;l&#232;re avec la manifestation unitaire du 7 f&#233;vrier, appel&#233;e par tous les syndicats et les organisations de jeunesse. C'est un succ&#232;s, avec 400 000 manifestants. Mais surtout, dans quelques villes, la mobilisation est gigantesque : 20 000 &#224; Rennes et Toulouse, 6 000 au Mans. Les premi&#232;res AG ont lieu ces jours-ci. Les villes les plus mobilis&#233;es vont servir de locomotive au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'unit&#233; d'action entre toutes les organisations de jeunesse et la pression exerc&#233;e sur les directions syndicales pour un appel &#224; manifester qui ont donn&#233; des perspectives aux jeunes qui commen&#231;aient &#224; se mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F&#233;vrier : vers la gr&#232;ve &#233;tudiante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du mois de f&#233;vrier, c'est la moiti&#233; des universit&#233; qui s'est mise en gr&#232;ve. D&#232;s le 7 f&#233;vrier, les &#233;tudiants de Rennes sont 2500 en AG le midi puis 1000 le soir, 2500 le 9. A Toulouse et Nantes, les AG d&#233;passent vite le millier. La mobilisation est rythm&#233;e par les manifestations du 16 et du 23 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le d&#233;veloppement de la mobilisation, le gouvernement essaie d'acc&#233;l&#233;rer les rythmes pour d&#233;courager le mouvement, en utilisant l'article 49.3 de la Constitution le 9 f&#233;vrier. Celui-ci lui permet de faire voter la LEC au plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re coordination nationale se r&#233;unit &#224; Rennes le samedi 18 f&#233;vrier. Celle-ci a &#233;t&#233; mise en place sous l'impulsion des &#233;tudiants de Toulouse et de Rennes, qui ont appel&#233; &#224; une coordination nationale. Elle r&#233;unit une centaine de d&#233;l&#233;gu&#233;s de 33 universit&#233;s. La direction de l'Unef tente de contr&#244;ler cette coordination, en contr&#244;lant qui entre et qui n'entre pas. Son but est de restreindre les revendications &#224; la question du CPE et de ralentir les rythmes de mobilisation. Mais elle lui &#233;chappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coordination appelle &#224; se mobiliser contre le CPE, la LEC, le CNE et pour des postes dans l'&#233;ducation. La coordination de Toulouse, la semaine suivante (boycott&#233;e par la direction de l'Unef, d&#233;pitt&#233;e de son &#233;chec &#224; Rennes) r&#233;unit 30 universit&#233;s, dont douze bloqu&#233;es. Elle appelle &#224; d&#233;velopper les blocages et gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est effectivement ce qui va se passer au mois de f&#233;vrier, pendant lequel la moiti&#233; des universit&#233;s se met en gr&#232;ve, petit &#224; petit. Les blocages occasionnent des conflits avec une minorit&#233; d'anti-blocage qui est marginalis&#233;e dans les facs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains lyc&#233;es sont bloqu&#233;s les jours de manifestations. Les universit&#233;s dirig&#233;es par la direction de l'Unef sont dans le m&#234;me cas. Comme elles ne sont pas bloqu&#233;es en permanence, dans ces universit&#233;s, la mobilisation est moins ancr&#233;e chez les &#233;tudiants : moins d'AG, moins de d&#233;bat, moins de participation de la majorit&#233; des &#233;tudiants au mouvement, qui reste aux mains des militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les universit&#233;s les plus mobilis&#233;es, au contraire, les d&#233;bats se multiplient, sur les revendications ou sur la soci&#233;t&#233;, des initiatives culturelles ont lieu, les &#233;tudiants commencent &#224; utiliser leur temps pour s'adresser aux lyc&#233;ens et aux travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mars, le S&#233;nat adopte le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin f&#233;vrier, une soixantaine d'universit&#233; est en gr&#232;ve sur 84.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mars : le mouvement s'&#233;tend&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation du 7 mars est appel&#233;e par l'intersyndicale. Elle regroupe 1 million de manifestants (400 000 selon la police). Cela donne une nouvelle impulsion pour le mouvement : &#224; la fin du mois, la quasi totalit&#233; des universit&#233; est en gr&#232;ve avec blocage partiel ou total (69 sur 84 selon l'Unef). Aux coordinations nationales, environ 400 d&#233;l&#233;gu&#233;s representent pr&#232;s de 150 sites en lutte (facult&#233;s, IUT...). Les coordinations deviennent petit &#224; petit une direction pour le mouvement : elle discute des argument &#224; r&#233;pondre au gouvernement, pr&#233;cise les mots d'ordre prioritaires, d&#233;cide des dates de mobilisation et interpelle les salari&#233;s et leurs organisations sur la question de la gr&#232;ve des salari&#233;s et de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la direction de l'Unef, de Sud-&#233;tudiant et des &#233;tudiants craignant une &#233;r&#233;cup&#233;ration &#187; s'opposent &#224; la mise en place du comit&#233; national de gr&#232;ve pour structurer le mouvement. Apr&#232;s de dures batailles, des portes-parole seront &#233;lus, pour s'adresser &#224; la presse et aux directions syndicales. Mais c'est d&#233;j&#224; trop tard : les directions syndicales sont vues par les salari&#233;s et la majorit&#233; des &#233;tudiants comme la voix l&#233;gitime du mouvement, ce qui leur laisse les mains libres sur de nombreuses questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations deviennent plus massives et r&#233;guli&#232;res : 500 000 jeunes le 16 mars puis le 23 mars. Le 18 mars, un samedi, 1,5 million de jeunes et de travailleurs manifestent &#224; l'appel de l'intersyndicale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lyc&#233;es sont plus de 1000 bloqu&#233;s lors des journ&#233;es d'action. C'est deux fois plus que pendant le mouvement lyc&#233;en de 2005. Des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont lieu dans des dizaines de lyc&#233;es. Des AG communes aux &#233;tudiants et aux lyc&#233;ens ont lieu en province. Mais la mobilisation ne parvient pas &#224; se structurer comme chez les &#233;tudiants, seuls quelques villes (tout de m&#234;me 40) envoient des d&#233;l&#233;gu&#233;s aux coordinations nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'extension aux salari&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette bataille, les directions syndicales font tout pour freiner.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux salari&#233;s sont de plus en plus r&#233;volt&#233;s que le gouvernement ne c&#232;de toujours pas aux revendications des jeunes. Dans le m&#234;me temps, un partie d'entre eux veut profiter des difficult&#233;s du gouvernement pour faire entendre d'autres revendications, comme le retrait du CNE ou des revendications locales. Quelques gr&#232;ves ont lieu. Mais, surtout, dans les universit&#233;s, on commence &#224; comprendre qu'on ne gagnera pas sans un soutien plus puissant des travailleurs. Des d&#233;l&#233;gations sont envoy&#233;es depuis les universit&#233;s en gr&#232;ve vers des entreprises, pour distribuer des tracts, participer &#224; des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et tenter de convaincre de rejoindre le mouvement. L'effet concret est limit&#233; mais cela participe de la cr&#233;ation d'un lien plus fort entre le mouvement &#233;tudiant et les travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les coordinations nationales appellent les salari&#233;s &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et interpellent l'intersyndicale pour de nouvelles dates de gr&#232;ve et de manifestation. Depuis le 7 mars, seule une journ&#233;e de manifestation un samedi, donc sans gr&#232;ve, le XX a permis de regrouper toutes les franges de la population. La coordination nationale appelle les jeunes et les salari&#233;s &#224; manifester le 23 mars. Devant l'attentisme des directions syndicales, des appels de syndicats et d'intersyndicales locales appellent &#224; la gr&#232;ve pour cette journ&#233;e d'action. Sous cette pression de la coordination et des travailleurs et syndicats locaux, l'intersyndicale appelle &#224; faire gr&#232;ve et manifester le 28 mars, qui sera un &#233;norme succ&#232;s avec 3 millions de manifestants. Elles appellent ensuite, comme la coordination nationale, &#224; manifester le 4 avril, qui conna&#238;t un succ&#232;s semblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fin du mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux mois de gr&#232;ve, apr&#232;s deux manifestations &#224; 3 millions de personnes, le gouvernement est dans une impasse. Il est au plus bas dans les sondages et les d&#233;put&#233;s, avec Sarkozy, font pression sur Villepin et Chirac pour qu'ils c&#232;dent, de peur de perdre les prochaines &#233;lections. Mais, surtout, apr&#232;s ces deux journ&#233;es, malgr&#233; l'arr&#234;t de la mobilisation dans plusieurs universit&#233;s, le mouvement appara&#238;t en position de force. Et, pour gagner, apr&#232;s de telles journ&#233;es, ont sent bien que l'&#233;tape suivante, ce sont des journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou de gr&#232;ve tr&#232;s massives pendant plusieurs jours. Cela fait peur aux directions syndicales, qui ont peur de ne pas contr&#244;ler un tel mouvement, mais cela fait encore plus peur au gouvernement. Celui-ci sent bien que, si une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible commence &#224; se construire, il devra l&#226;cher plus que le CPE : il devra sans doute l&#226;cher le CNE et la LEC int&#233;gralement. Mais surtout, un gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale devient automatiquement une gr&#232;ve politique : lorsque des millions de travailleurs sont en gr&#232;ve, ils prennent conscience de leur force et de la l&#233;gitimit&#233; qu'ils auraient &#224; organiser la soci&#233;t&#233;. La d&#233;mission du gouvernement aurait &#233;t&#233; une &#233;vidence dans cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement d&#233;cide de c&#233;der sur le CPE pour ne pas avoir &#224; c&#233;der plus. Les directions syndicales reprennent alors la main. Elles pr&#233;sentent le mouvement comme une grande victoire de l'unit&#233; syndicale et nient toute possibilit&#233; de continuer la lutte. Aucune nouvelle journ&#233;e d'action n'est propos&#233;e pour achever le gouvernement ou obtenir le retrait du CNE et de la LEC. Malheureusement, ces revendications, m&#234;me si elles ont &#233;t&#233; largement discut&#233;es dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;tudiantes, n'ont jamais impr&#233;gn&#233; le mouvement chez les travailleurs ou la majorit&#233; des &#233;tudiants et lyc&#233;es. Le mouvement en tant que mouvement de masse s'arr&#234;te tr&#232;s rapidement apr&#232;s le retrait du CPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mouvement a tout de m&#234;me constitu&#233; un progr&#232;s &#233;norme chez les &#233;tudiants. D'abord, m&#234;me apr&#232;s le retrait du CPE, des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales massives ont eu lieu dans plusieurs villes, et la fin du blocage a &#233;t&#233; vot&#233;e &#224; de courtes majorit&#233;s dans certaines. Ce qui signifie que des centaines de jeunes &#233;taient pr&#232;s &#224; continuer le mouvement, pas seulement une petite minorit&#233;. Ensuite, les &#233;tudiants ont essay&#233;, dans plusieurs universit&#233;s, de &#171; n&#233;gocier la reprise &#187; des cours, en formulant des revendications concernant le d&#233;roulement des examens. Cette bataille, qui n'avait pas &#233;t&#233; pos&#233;e par les mouvements pr&#233;c&#233;dents, a &#233;t&#233; un &#233;chec, mais cela montre &#224; nouveau qu'une partie importante des &#233;tudiants &#224; d&#233;cid&#233; de ne plus se laisser faire et de d&#233;fendre ses droits.&lt;br class='autobr' /&gt;
La coordination nationale, elle, sans le souffle militant des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales massives, a tr&#232;s vite d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en rencontre entre militants autonomes ayant soif de devenir les chefs d'un mouvement imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
III. Forces et limites du mouvement
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui a permis de gagner&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une mobilisation de masse et unitaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rarement on a vu une mobilisation qui rassemble autant de courants dans la jeunesse. La Conf&#233;d&#233;ration &#233;tudiante, l'Unef, Sud &#233;tudiant, le MJS, les jeunes Verts, les JC et UEC, les JCR, la CNT, Attac-Campus, divers courants d'extr&#234;me gauche ont particip&#233; au mouvement, m&#234;me la JOC a particip&#233; &#224; la premi&#232;re r&#233;union unitaire nationale. &#192; ces organisations se sont ajout&#233;s les secteurs jeunes de l'Unsa, de la CGT, de FO. Cette unit&#233; est repr&#233;sentative d'un potentiel de mobilisation : ce ne sont pas seulement les jeunes qui se sentent proches des JCR, de Sud ou de l'Unef qui sont susceptibles de se mobiliser, mais pratiquement tous les jeunes de gauche. Les organisations se mobilisent si elles sentent que leur base est sensible au probl&#232;me. Et le fait qu'elles se mobilisent entra&#238;ne leur milieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette unit&#233; (dont on peut consid&#233;rer qu'elle a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e par la grande r&#233;union unitaire des organisations de jeunesse convoqu&#233;e par les JCR contre l'&#233;tat d'urgence en novembre) a donn&#233; confiance aux jeunes. Concr&#232;tement, c'est aussi ce qui a permis de lancer la mobilisation localement : sur toutes les universit&#233;s, les militants se sont r&#233;unis, quelle que soit leur organisation, pour lancer des distributions de tracts et interventions en amphis. Les diff&#233;rentes organisations se sont r&#233;partis les lyc&#233;es. Sur de nombreuses villes, &#233;tant donn&#233; la faiblesse des organisations, c'est cette unit&#233; qui a permis de lancer le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette unit&#233; a permis que le mouvement soit massif. Les manifestations ont &#233;t&#233; tr&#232;s rapidement de tr&#232;s grosses manifestations, ce qui a donn&#233; confiance aux jeunes pour se mobiliser sur leur lieu d'&#233;tude, &#224; participer aux AG et aux blocages, et dans de nouvelles villes. Et c'est cette massivit&#233; du mouvement qui a donn&#233; confiance aux salari&#233;s pour soutenir le mouvement et qui a fait peur au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La gr&#232;ve et le blocage&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a un sens limit&#233; pour les &#233;tudiants, car elle ne bloque pas la production. Par cons&#233;quent, si une minorit&#233; d'&#233;tudiant est en gr&#232;ve, et m&#234;me une majorit&#233;, l'universit&#233; peut fonctionner tout &#224; fait normalement et la gr&#232;ve peut &#234;tre totalement sans cons&#233;quence. De plus, dans la pratique, les &#233;tudiants n'ont pas le droit de gr&#232;ve : s'ils ne vont pas en cours, ils sont not&#233;s absents et, depuis la r&#233;forme LMD, dans beaucoup de fili&#232;res, ont leur mati&#232;re invalid&#233;e au bout de trois absence. C'est ce constat qui a pouss&#233; les &#233;tudiants &#224; organiser le mouvement autour des blocages. Le blocage des universit&#233;s &#233;tait en effet le seul moyen de permettre la gr&#232;ve, car il permettait de ne pas aller en cours. Dans les universit&#233;s les plus politis&#233;es, notamment celles qui avaient d&#233;j&#224; bloqu&#233; en 2003 (Tolbiac, Rennes 2, Toulouse Le Mirail&#8230;), le blocage a &#233;t&#233; vot&#233; directement. Dans d'autre, il y a eu un passage par des barrages filtrants, o&#249; on laissait les &#233;tudiants aller en cours apr&#232;s avoir discut&#233; avec eux. Sur la fac de Jussieu, sans barrage, il y au eu 400 &#233;tudiants au maximum en AG, avec barrage filtrant environ 600 et avec le blocage, plus de mille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains courant, comme la majorit&#233; de Lutte ouvri&#232;re, ont consid&#233;r&#233; que le blocage &#233;tait un moyen artificiel de construire le mouvement, parce qu'il faisait croire que les universit&#233;s &#233;taient en gr&#232;ve alors que seule une minorit&#233; d'&#233;tudiants l'&#233;tait r&#233;ellement. Pour eux, cela emp&#234;chait les &#233;tudiants moins mobilis&#233;s de prendre leurs responsabilit&#233;s et les &#233;tudiants en gr&#232;ve ne prenait pas le temps de les convaincre. Nous consid&#233;rons au contraire, avec la minorit&#233; de Lutte ouvri&#232;re, que, si ce danger existe, les avantages du blocage sont plus forts que les inconv&#233;nients. Il est vrai que le mouvement &#233;tait minoritaire. Mais le blocage a justement permis &#224; un mouvement minoritaire d'entra&#238;ner derri&#232;re lui une majorit&#233; qui le soutenait passivement, deux millions de salari&#233;s, pour gagner. De plus, la gr&#232;ve avec piquets n'est pas une grande d&#233;couverte du mouvement &#233;tudiant, c'est une m&#233;thode vieille comme la gr&#232;ve&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'auto-organisation&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place des organisations a &#233;t&#233; tr&#232;s importante pour lancer le mouvement. Mais ce qui lui a permis de tenir et d'avancer est l'implication de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et de plusieurs milliers dans la construction de la gr&#232;ve. C'est probablement parce que les organisations &#233;tudiantes sont tr&#232;s faibles que l'implication d'autant de jeunes non organis&#233;s et la construction de cadres d'auto-organisation a &#233;t&#233; aussi simple et rapide : il &#233;tait &#233;vident pour organiser le mouvement qu'on ne pouvait se contenter de rencontres entre organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont permis des d&#233;bats sur les revendications, sur le r&#244;le de la gr&#232;ve, du blocage, sur la nature du gouvernement. Dans les universit&#233;s les plus politis&#233;es, des discussions plus profondes ont eu lieu, avec de multiples d&#233;bats, sur d'autres r&#233;formes, sur comment construire une alternative aux partis au pouvoir, etc. Mais l'essentiel est que les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont discut&#233; de la strat&#233;gie &#224; avoir pour gagner : quelles revendications mettre en avant ? Faut-il bloquer ? Comment construire un mouvement national ? Pourquoi et comment s'adresser aux salari&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coordination nationale a &#233;t&#233; un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant dans le cadre de l'auto-organisation : c'est son existence qui donne une coh&#233;rence nationale au mouvement, qui donne rend concr&#232;tes les discussions les plus importantes, sur les revendications ou la strat&#233;gie pour gagner. En effet, c'est lorsque les grandes questions strat&#233;giques sont discut&#233;es &#224; la base et ont des r&#233;percussions sur la conduite g&#233;n&#233;rale du mouvement (et ce que l'on voit &#224; la t&#233;l&#233;vision&#8230;) que le niveau politique du mouvement s'&#233;l&#232;ve, que l'on ne reste pas cantonn&#233; aux discussions sur des revendications ou des probl&#232;mes tactiques secondaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait &#233;vident qu'une coordination devait se mettre en place, &#233;tant donn&#233;e l'exp&#233;rience des mouvements de 2003 et 2005. Mais les JCR se sont battus pour que la premi&#232;re ait lieu le plus t&#244;t possible. [Nous avons bataill&#233; &#224; Toulouse pour un appel &#224; une coordination. C'est sous cette pression que la direction de l'Unef et Rennes 2 ont appel&#233; &#224; une coordination, alors que la d&#233;cision &#233;tait sans cesse report&#233;e depuis dix jours]. La coordination a pr&#233;cis&#233; la strat&#233;gie du mouvement, qui consistait &#224; &#233;tendre le mouvement, &#224; bloquer les universit&#233;s, &#224; d&#233;velopper les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales et &#224; &#233;tendre le mouvement aux lyc&#233;ens et aux salari&#233;s. Cette strat&#233;gie a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre dans les universit&#233;s, et la coordination nationale a exerc&#233; une pression sur la direction de l'Unef et l'intersyndicale. [En r&#233;alit&#233;, il y a eu deux intersyndicale. Une intersyndicale des conf&#233;d&#233;rations (CGT, CFDT, FO, CFTC), qui prenait les grandes d&#233;cisions. Il y avait une intersyndicale large avec la FSU, Solidaires, l'Unef, UNL, FIDL et parfois les repr&#233;sentants de la coordination nationale. Il y a aussi eu des r&#233;unions unitaires des organisations de jeunesse, rapidement remplac&#233;es par la coordination nationale.] On a vu cela notamment fin mars, quand l'intersyndicale freinait l'affrontement final avec le gouvernement : la coordination nationale a appel&#233; &#224; une manifestation des jeunes et des travailleurs pour le 23 mars, ce qui a provoqu&#233; les appels de l'intersyndicale aux 28 mars et 4 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer, si la coordination nationale n'a pas dirig&#233; r&#233;ellement le mouvement, elle a &#233;labor&#233; la strat&#233;gie du mouvement des jeunes et exerc&#233; une pression sur les directions syndicales pour acc&#233;l&#233;rer les rythmes du mouvement. Une de ses faiblesses a &#233;t&#233; de ne pas avoir mis en place de comit&#233; national de gr&#232;ve qui aurait r&#233;ellement structur&#233; la coordination et le mouvement. Nous avons pu obtenir seulement des portes parole au prix d'une bataille acharn&#233;e contre la direction de l'Unef (qui voulait &#234;tre seule &#224; intervenir dans les m&#233;dias) et des gauchistes (qui y voyait une bureaucratie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'extension aux salari&#233;s, la menace de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement d'&#233;tudiant a forc&#233;ment une influence limit&#233;e : il ne bloque pas la production, il ne fait pas perdre d'argent aux patrons ou &#224; l'&#201;tat. Le gouvernement a c&#233;d&#233; par peur des cons&#233;quences du mouvement. La premi&#232;re crainte venait des d&#233;put&#233;s UMP : ils craignaient de perdre leur si&#232;ge de d&#233;put&#233; aux prochaines &#233;lections pour un projet con&#231;u par Villepin et Chirac. La deuxi&#232;me crainte &#233;tait une extension aux salari&#233;s. En effet, on n'est pas pass&#233; loin d'un mouvement de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui aurait pouss&#233; Villepin &#224; d&#233;missionner et aurait modifi&#233; le rapport de forces entre les classes, ce qui aurait eu comme cons&#233;quence de remettre en cause les projets de la bourgeoisie pour quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a d'abord pari&#233; que les &#233;tudiants ne se mobiliseraient pas, puis qu'ils s'&#233;puiseraient seuls dans la mobilisation, puis que les salari&#233;s ne se mobiliseraient pas longtemps aux c&#244;t&#233;s des &#233;tudiants. Mais, apr&#232;s trois mois de mobilisations et des manifestations &#224; plusieurs centaines de milliers, le mouvement ne s'est pas &#233;puis&#233;. Il commen&#231;ait &#224; faiblir chez les &#233;tudiants, mais les salari&#233;s ont r&#233;pondu &#224; chaque fois aux appels et commen&#231;aient &#224; trouver de plus en plus scandaleuse l'attitude du gouvernement. Cela aurait pu les pousser &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et &#224; demander la d&#233;mission du gouvernement, et ce dernier n'a pas voulu prendre ce risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites du mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La faiblesse des revendications&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement a &#233;labor&#233; des dizaines de revendications, les tableaux en &#233;taient blanchis, les votes prenaient d'ailleurs des heures &#224; cela. Mais la profusion de revendications a fait que finalement, tr&#232;s peu sont ressorties du lot : le retrait du CPE, et tr&#232;s peu le retrait du CNE et de la loi sur l'&#233;galit&#233; des chances (LEC). Il semble que les militants du mouvement, ceux qui ont particip&#233; &#224; sa construction au quotidien, se mobilisaient pour obtenir le retrait de ces trois mesures. C'est m&#234;me cela qui a provoqu&#233; une d&#233;ception chez de nombreux militants quand Villepin a annonc&#233; seulement le retrait du CPE. Mais la grande majorit&#233; des participants au mouvement, ceux qui ne viennent qu'aux manifestations et aux assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, ne se battait que pour le retrait du CPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement, et notamment la coordination nationale, n'a pas &#233;t&#233; capable de faire ressortir un nombre r&#233;duit de mots d'ordre mais qui auraient permis d'aller plus loin. Il aurait sans doute fallu s'en tenir au retrait du CPE, du CNE, de la LEC et&#8230; la d&#233;mission du gouvernement et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Cela aurait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; beaucoup &#224; faire comprendre &#224; des millions de gens, tout en allant tr&#232;s loin sur le fond. Le mot d'ordre de d&#233;mission du gouvernement a &#233;t&#233; combattu par les r&#233;formistes et par les gauchistes, qui y voyait un mot d'ordre trop politique (la r&#233;ponse des gauchistes &#233;tait : &#171; pour mettre quoi &#224; la place ? &#187;) alors que cette revendication permettait de poser la question du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les JCR avaient d&#233;cid&#233; de mettre en avant le retrait du CPE, du CNE, de la LEC, des cr&#233;ations de postes et des revendications locales. L'objectif &#233;tait de faire le lien, petit &#224; petit, avec le LMD. M&#234;me si cette orientation &#233;tait sans doute tr&#232;s proche de ce qu'il fallait faire, nous avons surestim&#233; les liens possibles avec les r&#233;formes de l'&#233;ducation, et sous-estim&#233; la possibilit&#233; d'un mouvement commun avec les salari&#233;s [Nous consid&#233;rions qu'il fallait appuyer sur les r&#233;formes de l'&#233;ducation pour solidifier le mouvement, le lier &#224; des revendications locales et concr&#232;tes des jeunes, car nous ne croyions pas &#224; un mouvement avec les salari&#233;s].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Faiblesse dans les quartiers populaires&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jonction entre les &#233;tudiants et les jeunes des quartiers populaires a &#233;t&#233; tr&#232;s limit&#233;e. On souhaitait que le mouvement, qui s'attaquait &#224; la pr&#233;carit&#233;, permette une mobilisation importante en dehors des universit&#233;s, que ce soit au niveau des jeunes travailleurs ou des jeunes ch&#244;meurs. Le mouvement lyc&#233;en et le mouvement des banlieues de 2005 auraient pu constituer des atouts pour cela. Mais l'extension a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile. Malgr&#233; le changement social au sein des universit&#233;s, les &#233;tudiants restent issus de milieux relativement privil&#233;gi&#233;s. De plus, les lyc&#233;es, qui sont la partie la plus organis&#233;e de la jeunesse des quartiers populaires, ont mis beaucoup de temps &#224; se mobiliser et ne se sont que tr&#232;s peu organis&#233;s, notamment parce que les militants les plus exp&#233;riment&#233;s du mouvement de 2005 &#233;taient occup&#233;s &#224; bloquer leur universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; les causes les plus importantes, qui ne pourront &#234;tre r&#233;gl&#233;es que par de nouvelles exp&#233;riences de lutte et une plus forte implantation politique et syndicale dans les lyc&#233;es, les CFA, les cit&#233;s. Mais pour autant, il y a eu une r&#233;elle mobilisation des jeunes de quartiers populaires. Malheureusement, dans les grandes villes, le mouvement &#233;tudiant n'a pas &#233;t&#233; capable de se lier &#224; ce mouvement. On n'a pu voir &#224; Paris des affrontements physiques entre des jeunes venus de quartiers populaires pour manifester et les &#233;tudiants. Ces affrontements ont &#233;t&#233; la cons&#233;quence de provocations mutuelles, les jeunes de quartiers populaires &#233;tant r&#233;volt&#233;s par l'apparence petite-bourgeoise de certains cort&#232;ges et manifestants et les &#233;tudiants &#233;tant influenc&#233;s par l'id&#233;ologie raciste anti-banlieues. Et la police ne s'est pas priv&#233;e de jeter de l'huile sur le feu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combattre cette division, qui a contribu&#233; &#224; emp&#234;cher l'extension du mouvement &#224; toute la jeunesse, il fallait &#224; la fois organiser les manifestations avec des services d'ordre de mani&#232;re &#224; &#233;viter les violences dans les cort&#232;ges et travailler &#224; la convergence, avec des revendications communes, des coordinations communes, des d&#233;bats communs, et une plus grande structuration du mouvement dans les quartiers populaires, o&#249; l'auto-organisation est rest&#233;e faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Liens avec les travailleurs insuffisants&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour entra&#238;ner les travailleurs dans le mouvement plus fortement et plus vite, il aurait fallu pouvoir passer par dessus les directions syndicales, discuter directement avec les salari&#233;s. Mais la jonction avec les travailleurs n'a &#233;t&#233; que partielle. En effet, elle est rest&#233;e principalement limit&#233;e aux travailleurs des universit&#233;s. Cela repr&#233;sente des dizaines de milliers de travailleurs sur la France, mais cela reste limit&#233; &#224; une zone g&#233;ographique et un milieu particulier. Il y a eu aussi des liens avec quelques grandes entreprises mais c'est rest&#233; tr&#232;s faible. En effet, c'&#233;tait souvent &#224; l'initiative de quelques militants d'extr&#234;me gauche qui avait des relais dans ces entreprises, mais pas d'une politique assum&#233;e par des centaines d'&#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour changer r&#233;ellement les choses, il aurait fallu que, dans toutes les universit&#233;s, des brigades soient mises en place pour aller voir les salari&#233;s, discuter avec eux, leur proposer de se mettre en gr&#232;ve sur des revendications communes et leurs revendications propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vaincre la dispersion politique et syndicale de la jeunesse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci a pes&#233; lourd dans le mouvement. Il y a le poids de la division syndicale, entre Unef, Conf&#233;d&#233;ration &#233;tudiante, Sud, FSE et divers groupes locaux. Celle-ci ralentissait la construction du mouvement car cela mettait plus de temps pour se mettre d'accord sur les choses essentielles, chacun d&#233;fendant ses int&#233;r&#234;ts de (petite) chapelle. Un syndicat unique aurait permis de se mettre en marche beaucoup plus vite, de mani&#232;re coordonn&#233;e, dans toutes les universit&#233;s du pays (ici, certains courants &#233;taient m&#234;me r&#233;ticents &#224; participer au mouvement parce que l'Unef &#233;tait &#224; l'initiative).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pire &#233;tait encore cette dispersion politique qui s'est exprim&#233; dans le mouvement, particuli&#232;rement illustr&#233;e par les groupes anarchistes et autonomes ou des individus influenc&#233;s par cette mani&#232;re de voir. On a vu des courants s'opposer &#224; ou d&#233;cr&#233;dibiliser la coordination nationale, d'autres qui proposaient des revendications folkloriques, contribuant ainsi &#224; r&#233;duire la clart&#233; des messages du mouvement, d'autres encore qui s'opposaient &#224; la mise en place de services d'ordre, &#224; un bureau pour pr&#233;sider la coordination, &#224; toute marque de discipline et d'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces courants, m&#234;me s'ils ont parfois une orientation plus &#224; gauche que les r&#233;formistes, joue un r&#244;le de d&#233;sorganisation tr&#232;s dangereuse pour les mouvements. On a m&#234;me vu des courants dans le mouvement, notamment &#224; Strasbourg et Rouen, autonomes, situationnistes ou &#171; anti-France &#187; refusant toute forme d'organisation mais particuli&#232;rement &#224; gauche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si ces courants ne sont pas tr&#232;s influents au d&#233;but d'un mouvement, ils ont pris une grande place &#224; partir du moment o&#249; le mouvement durait depuis longtemps et que les militants du mouvement non organis&#233;s commen&#231;aient &#224; s'&#233;puiser. C'est dans ces moments que les autonomes se proposent pour les coordinations, font des propositions d&#233;sorganisatrices pour amuser l'auditoire d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, gagne une influence qui s'appuie sue le pourrissement du mouvement et les r&#233;ticences des appareils &#224; construire la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des diff&#233;rents courants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le poids des institutions&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, on peut penser que les institutions de la soci&#233;t&#233; ont &#233;t&#233; travers&#233;es par le d&#233;bat sur le CPE. En effet, on a vu des pr&#233;sidents d'universit&#233;s s'opposer au CPE, Sarkozy et des d&#233;put&#233;s y ont &#233;t&#233; r&#233;ticents. Mais, en r&#233;alit&#233;, les institutions ont jou&#233; pleinement contre le mouvement. Lorsque les militants ont tent&#233; d'organiser des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales pour mobiliser les &#233;tudiants, il a fallu qu'ils se battent aupr&#232;s des administrations pour avoir des salles. Une fois la gr&#232;ve d&#233;clench&#233;e, les administrations ont fait tout ce qui &#233;tait en leur pouvoir pour emp&#234;cher le blocage. On a vu des pr&#233;sidents d'universit&#233;s d&#233;barquer dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#233;tudiantes pour expliquer que, faire la gr&#232;ve, pourquoi pas, mais qu'il fallait &#234;tre raisonnables, et que le blocage ce n'&#233;tait pas d&#233;mocratique. Les pr&#233;sidents ont aussi tent&#233; d'intimider ou de convaincre les syndicalistes en les convoquant pour discuter dans leur bureau. Lorsqu'ils voyaient qu'ils ne pouvaient pas s'opposer &#224; des discussions, ils ont tent&#233; d'organiser des journ&#233;es banalis&#233;es. Celles-ci pouvaient avoir l'avantage de faire d&#233;battre les &#233;tudiants mais, pour les administrations, elles avaient pour but d'emp&#234;cher le blocage, de faire en sorte que les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales n'aient pas lieu et soient remplac&#233;es par des r&#233;unions dirig&#233;es par l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les administrations ont aussi tent&#233; d'emp&#234;cher physiquement les blocages, en faisant appel &#224; des vigiles (jour et nuit pour certaines universit&#233;s) ou aux CRS. Ceux-ci ont essay&#233; d'emp&#234;cher les &#233;tudiants de monter les barrages, ils ont aussi arr&#234;t&#233; des dirigeants du mouvement. Ce type d'intervention a eu lieu, en plus des universit&#233;s, sur les lyc&#233;es des quartiers populaires, o&#249; la police est parfois entr&#233;e dans les lyc&#233;es pour casser les blocages et arr&#234;ter des jeunes. Certains pr&#233;sidents ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; fermer administrativement les universit&#233;s pour emp&#234;cher le mouvement de se d&#233;velopper. Cela a &#233;t&#233; le cas en particulier &#224; Nanterre, Tolbiac, la Sorbonne et plusieurs universit&#233;s de province. Le but &#233;tait de casser le mouvement dans ces universit&#233;s, car les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ne pouvaient plus se tenir, les &#233;tudiants ne venaient plus sur l'universit&#233;, ne se tenaient plus en courant des &#233;volutions du mouvement, ne militaient plus. A Nanterre, par exemple, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sont pass&#233;es tr&#232;s vite de 1500 &#224; 250 &#233;tudiants. De plus, Nanterre et Tolbiac sont sans doute les universit&#233;s les plus politis&#233;es de la r&#233;gion parisienne et le but, en fermant ces universit&#233;s, &#233;taient aussi de donner un coup au mouvement, de l'emp&#234;cher de se solidifier dans la capitale, qui joue toujours un r&#244;le important dans la centralisation d'un mouvement, et la clarification de ses objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le r&#244;le des r&#233;formistes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations r&#233;formistes ont partiellement jou&#233; le jeu dans ce mouvement, ils ne s'y sont pas oppos&#233;s frontalement : c'est le MJS (mouvement des jeunes socialistes) qui a pris l'initiative des r&#233;unions des organisations de jeunesse, la direction de l'Unef (et m&#234;me la Conf&#233;d&#233;ration &#233;tudiante !) a particip&#233; aux coordinations et aux blocages, les directions syndicales de salari&#233;s ont mobilis&#233; pour les grandes dates de manifestations. Mais ces directions ont, d'un autre c&#244;t&#233;, frein&#233; les aspects les plus importants du mouvement autant qu'elles le pouvaient, du fait de leur int&#233;gration au syst&#232;me capitaliste et &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est son habitude depuis quelques ann&#233;es, le Parti socialiste a &#233;t&#233; pratiquement invisible dans la mobilisation, la soutenant du bout des l&#232;vres et argumentant essentiellement contre la m&#233;thode du gouvernement. Aucune n'a souhait&#233; que les mots d'ordre aillent au-del&#224; du retrait du CPE (la direction de la CGT a parl&#233; du CNE pour faire croire &#224; sa base qu'elle agissait contre, mais sans faire de son retrait un objectif r&#233;el), la direction de l'Unef argumentait m&#234;me contre la revendication de retrait du CNE dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales [Leur argument, absurde, &#233;tait que cela diviserait le mouvement, alors qu'au contraire, cela unifiait les &#233;tudiants et les salari&#233;s des universit&#233;s, qui ont de nombreux contrats pr&#233;caires et qu'aucun &#233;tudiant ne s'opposait &#224; ce mot d'ordre]. Ils avaient peur que la mobilisation ne se politise et ne d&#233;stabilise le gouvernement : leur plus grande opposition &#233;tait face au mot d'ordre de d&#233;mission du gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concernant les rythmes du mouvement, la direction de l'Unef et du MJS a frein&#233; autant que possible. Dans ces textes des 4 et 5 f&#233;vrier, pour son collectif national, la direction de l'Unef ne parle que de la date du 7 f&#233;vrier, mentionne le mot de gr&#232;ve dans un parenth&#232;se sur les moyens d'action (&#171; manifestations, happening, gr&#232;ves&#8230; &#187;). Cela ne pr&#233;pare pas vraiment les militants &#224; ce qui va se passer. Pendant le mois du f&#233;vrier, elle s'oppose au blocage en argumentant que cela va diviser gr&#233;vistes et non-gr&#233;vistes et&#8230; vote syst&#233;matiquement le blocage lorsque la masse des &#233;tudiants le souhaite car elle ne veut pas appara&#238;tre comme minoritaire dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales alors que, de toute &#233;vidence, elle est d&#233;bord&#233;e politiquement dans toutes les AG massives. C'est probablement d'avoir frein&#233; sur tous les aspects fondamentaux sur lesquels il fallait prendre des initiatives (revendications, aller vers la gr&#232;ve, blocages&#8230;) qui a marginalis&#233; la direction de l'Unef dans tous les secteurs militants l&#224; le mouvement a &#233;t&#233; massif et o&#249; elle a &#233;t&#233; confront&#233;e &#224; d'autres courants. Elle est apparue comme l'arri&#232;re-garde du mouvement &#224; cause de son attachement &#224; la stabilit&#233; du syst&#232;me, &#224; sa crainte de la confrontation avec les directions d'universit&#233;s et le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de l'Unef a tout fait pour que la coordination nationale ait une force limit&#233;e. Elle a argument&#233; pour des mandats imp&#233;ratifs, ce qui limitait les possibilit&#233;s d'accords entre les d&#233;l&#233;gu&#233;s et les capacit&#233;s d'initiative de porte-parole, elle a ralenti l'&#233;lection de porte-parole, elle expliquait que les coordinations &#233;taient moins repr&#233;sentatives des &#233;tudiants qu'elle-m&#234;me. Elle a ensuite expliqu&#233; &#224; ses militants que les coordinations &#233;taient tr&#232;s d&#233;sorganis&#233;es et inefficaces. Toute sa politique consiste a diminu&#233; la structuration et l'influence des cadres d'auto-organisation pour que ne ressorte que l'appareil de l'Unef, par l'interm&#233;diaire de son pr&#233;sident. La direction de l'Unef comprend que la coordination est in&#233;vitable, voire tr&#232;s utile pour construire un mouvement tr&#232;s massif alors que l'Unef est une petite organisation, mais elle l'envisage essentiellement comme un cadre qui concurrence le syndicat et relativise son influence dans et vis-&#224;-vis des institutions bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, alors qu'ils sont moins &#224; gauche ou pas plus &#224; gauche que la direction de l'Unef, des courants comme les directions de la C&#233; (proches de la direction de la CFDT), de SOS-racisme (proche de Julien Dray et de la direction du PS), le PC, ont une attitude plus constructive vis-&#224;-vis de la coordination, parce qu'ils n'ont pas d'appareil &#224; d&#233;fendre aussi fortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les organisations &#171; radicales &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le r&#244;le des r&#233;volutionnaires et des JCR&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
IV.	Les cons&#233;quences du mouvement dans le pays
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8722; Le mouvement a mis un coup d'arr&#234;t &#224; une partie de la politique du gouvernement (CTU).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8722; Le mouvement a ouvert une br&#232;che : CESEDA, pr&#233;carit&#233;, s'impliquer &#224; nouveau dans la politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8722; Une nouvelle g&#233;n&#233;ration&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8722; Un exemple pour les prochaines luttes. La n&#233;cessit&#233; de s'organiser.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8722; Un gouvernement affaibli et ill&#233;gitime. Le mouvement a pos&#233; le probl&#232;me de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et du pouvoir&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8722; C'est en s'attaquant aux bases du syst&#232;me que l'on gagne dans les luttes. C'est en allant plus loin qu'on balaiera cette soci&#233;t&#233;. S'organiser, s'organiser aux JCR.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8722; ?????? Ce qui nous reste &#224; faire pour &#233;radiquer la pr&#233;carit&#233; ??????&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Annexes ou encadr&#233;s :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8722; Les actions : aspects positifs et limites.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8722; La violence dans le mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8722; La r&#233;pression dans le mouvement et dans l'ensemble des mouvements sociaux ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8722; Villes : Marseille, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Grenoble, Jussieu, Censier, Nanterre, P5 Boulogne, IUT P5, Cergy, Sorbonne, Rennes, Brest, Lille, Strasbourg, Metz&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8722; Mandats imp&#233;ratifs ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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